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E-Book, Französisch, 208 Seiten
Vernier Meurtre à Mayol
1. Auflage 2026
ISBN: 978-2-322-65089-7
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
E-Book, Französisch, 208 Seiten
ISBN: 978-2-322-65089-7
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Né en 1973, Dominique Vernier vit à Hyères dans le Var. Ancien officier supérieur de l'Armée de terre avec plus de trois décennies de service en métropole, en Allemagne et sur plusieurs théâtres d'opérations extérieures, il a troqué les bottes pour le stylo. Ses écrits ne se cantonnent pas à un genre ou un style particulier, nouvelles, biographies, livres jeunesse et romans policiers, historiques ou sociétaux composent sa bibliographie.
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1.3
14 heures : perquisition et interrogatoires de Jérôme Costes et Bachir Bensalah
Jérôme Costes, fils aîné de la victime.
Antoine Costes , second fils de la victime
Bachir Bensalah , employé de la victime.
Jules Martial, employé de la victime.
Jérémy Robert, employé de la victime.
Nadine Clerc , ex-épouse de la victime.
Patrick Fernandez , compagnon de Nadine.
Jacques Lafond, juge d’instruction.
La perquisition des locaux de Claude Costes est plus rapide qu’Emma l’avait pensé. Le hangar qui sert de bureau, d’atelier et d’entrepôt, ainsi que la maison sont situés en un lieu isolé à l’extérieur de La Garde, vieux chemin d’Hyères, non loin du Golf de Valgarde. Jérôme, le fils, et Bachir Bensalah, l’employé, étaient sur place à l’arrivée des policiers. La maison d’habitation, sur deux niveaux, datant des années 70, était dans un parfait état de propreté et de rangement, comme si une fée du logis y passait le plumeau jour et nuit. Face à l’étonnement d’Emma, Jérôme a précisé que, contrairement aux apparences, il n’y avait pas de femme dans la maison, que son père y vivait seul depuis que sa mère avait quitté la famille dix ans auparavant. Il a décrit son père comme quelqu’un d’extrêmement maniaque, malade du rangement et de la propreté. Le bureau, attenant au hangar, est dans le même état que l’habitation. L’ordre y règne et tous les documents comptables sont dans des classeurs étiquetés et classés par année. Il n’y a qu’un ordinateur de bureau dans le local. Claude assurait seul les tâches administratives de l’entreprise, la comptabilité et la gestion des trois employés étant à la charge d’un cabinet comptable de La Garde.
Pendant que la fouille des locaux s’effectue sous l’oeil du juge Lafond et sous la conduite de Marc, Emma prend à part Jérôme, puis l’employé, pour les interroger.
La capitaine et le fils sont assis autour de la table de la cuisine couverte d’une toile cirée au motif provençal. Son carnet posé devant elle, Emma dévisage Jérôme. Il a les traits tirés et les yeux rougis, il porte un treillis de l’armée. La famille a été prévenue tôt ce matin et le jeune homme est encore sous le choc.
— Monsieur Costes, je vous renouvelle mes condoléances. Vous m’en voudrez peut-être de vous interroger si tôt mais, pour l’enquête, j’ai besoin d’informations sur votre père. J’ai besoin de savoir qui il était, s’il avait des ennemis ou si quelqu’un lui en voulait.
— Sur ce point, je ne peux pas vous dire grand -chose. Cela fait cinq ans que j’ai quitté la maison et, bien que j’habite à Hyères, on ne se voyait pas souvent.
Emma s’étonne de cette réponse:
— Pourquoi ?
— Papa était particulier. Vous avez vu comment est la maison. Il était obnubilé par l’ordre. Ma mère ne l’a pas supporté et elle est partie quand j’avais quatorze ans et mon frère dix ans. Depuis, c’est lui qui nous a élevés. Enfants, moi et mon frère, onne pouvait rien faire. Dès que l’on bougeait quelque chose, il fallait le remettre en place immédiatement. On ne pouvait pas recevoir de copains chez nous. Il aurait voulu que je travaille avec lui. Il m’a forcé à suivre des études au lycée agricole d’Hyères, alors que je n’en avais pas envie. J’ai passé un bac pro et, à dix-huit ans, j’ai quitté la maison pour m’engager au 54e régiment d’artillerie à Hyères. Je suis caporal-chef, je vis avec une militaire du 54 et nous avons une petite fille âgée de deux ans. Avec ma femme, on venait le voir de temps en temps ; la dernière fois, c’était à Noël. On se voyait, mais on ne peut pas dire que l’on se fréquentait.
— Et votre mère, vous avez des contacts avec elle?
— Non, encore moins qu’avec papa. Je lui en veux de nous avoir laissés. Elle est partie avec un employé, un ami d’enfance de mon père. Il ne s’en est jamais remis.
— Et votre frère ?
— Il en veut aussi à maman, et refuse tout contact avec elle. Pour Antoine, la disparition de papa va être difficile. Il était très proche de lui. La semaine, il est à Aix, il suit des études de droit ; mais les week-ends, il est ici. Il devait être là samedi et dimanche. Comme papa allait au match, il a dû rentrer plus tôt.
— Votre père était un fan de rugby ?
— Pour ça, oui ! Je l’ai toujours vu aller à Mayol. Gamins, il nous emmenait souvent avec lui. Mais à son grand désespoir, mon frère et moi sommes plutôt foot. On est supporters de l’Olympique de Marseille.
— Vous connaissez les personnes qui l’accompagnaient au stade ?
— Je sais qu’il avait des amis qu’il retrouvait avant chaque match, mais je ne sais pas qui ils sont. D’ailleurs, heureusement qu’il y avait le rugby pour le détendre de temps en temps. Sinon, en dehors du boulot, il était plutôt solitaire et ne sortait jamais.
— Que savez-vous de son entreprise et de ses employés ?
— J’évitais d’en parler avec lui. Je pense que ça allait, je ne l’ai jamais entendu se plaindre. Je sais qu’il y a deux ans, il a dû se séparer de deux personnes. Il n’a jamais voulu me dire pourquoi.
Emma tique à l’évocation de cette information et insiste :
— Et les employés ?
— Je connais bien Zinedine, l’homme qui est là. Elle l’interrompt :
— Zinedine ?! Je croyais qu’il se prénommait Bachir.
— Oui, Bachir, pardon ! On l’appelle Zinedine à cause du foot. Ça doit faire une quinzaine d’années qu’il travaille avec papa. C’est un type très sympa. À plusieurs reprises, au grand dam de mon père, il nous a emmenés, Antoine et moi, au Vélodrome. C’est à cause de lui qu’on est fans de l’OM.
— Et les autres employés ?
— Je les connais moins, de vue uniquement. Ils sont arrivés après que j’ai quitté la maison.
— Une dernière question que je suis obligée de vous poser. Vous étiez où hier soir ?
— À la caserne, j’étais de service jusqu’à ce matin.
— Merci d’avoir répondu à mes questions. Il est possible que j’aie besoin de vous revoir pour l’enquête.
— Pas de souci… Je peux partir ? Mon frère est chez moi à Hyères. Il est arrivé ce matin… Il pourra passer récupérer quelques affaires ? Il a toujours sa chambre ici.
— Dès que la perquisition sera finie, vous pourrez rentrer chez vous et votre frère pourra venir et rester ici s’il le souhaite. On va le convoquer demain. Merci pour votre aide.
— Pardon, j’oubliais… Quand pourra -t-on enterrer papa ? Je dois m’occuper des obsèques.
— On doit procéder à une autopsie. Je vous préviendrai dès que vous pourrez récupérer son corps. Bon courage et n’hésitez pas à m’appeler.
C’est au tour de Bachir Bensalah de s’asseoir face à Emma dans la cuisine.
La quarantaine, grand, athlétique, des cheveux noirs coupés ras, une barbe finement taillée, des yeux tout aussi sombres : c’est un homme séduisant.
Face à la policière, il baisse son regard. L’inquiétude marque son visage. Il n’a pas l’air très à l’aise. Emma tente de le rassurer.
— Monsieur Bensalah, je vous interroge uniquement afin d’en connaître un peu plus sur votre patron. Cela fait un moment que vous travaillez ici ?
— Oui, depuis mars 2003. Excusez -moi si je ne m’exprime pas bien, mais Claude était plus qu’un patron
pour moi. Sa disparition me fait énormément de peine. Je ne comprends pas pourquoi on l’a tué, c’était un homme si gentil. C’était mon frère. Je lui dois tant.
— Quelqu’un aurait pu lui vouloir du mal ? Il avait des ennemis ?
— Non, pas à ma connaissance. Il était très apprécié par tout le monde.
— Tout à l’heure, son fils m’a dit qu’il avait dû se séparer de deux personnes il y a deux ans. Vous en connaissez la...




