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E-Book, Französisch, 425 Seiten

Sue Martin, l'enfant trouvé

Tome III
1. Auflage 2021
ISBN: 978-2-322-40020-1
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Tome III

E-Book, Französisch, 425 Seiten

ISBN: 978-2-322-40020-1
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Martin, abandonné dès son plus jeune âge par son père, un comte autoritaire, dépravé, sans coeur, connaîtra la vie des enfants trouvés de cette époque. Mais grâce à son bon fond, il surmontera sa vie cauchemardesque, et retrouvera son père. Épilogue très moral... Eugène Sue nous expose dans ces quatre volumes sa thèse socialiste, dénonce l'affreuse misère des travailleurs et nous décrit de manière peu flatteuse la classe des nantis.

Marie-Joseph Sue dit Eugène Sue, né le 26 janvier 1804 à Paris et mort en exil le 3 août 1857 à Annecy-le-Vieux, est un écrivain français. Il est principalement connu pour deux de ses romans-feuilletons à caractère social : Les Mystères de Paris et Le Juif errant.

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SIXIÈME VOLUME
CHAPITRE I.

CONFIDENCES.

– Allons donc dans ma chambre, que nous nous voyions au moins le blanc des yeux ! – s’écria Bamboche après la première explosion de joie causée par notre rencontre. Nous entrâmes dans la pièce voisine, beaucoup mieux éclairée par deux bougies, allumées sur la cheminée. Basquine ayant quitté sa coiffure démoniaque, restait enveloppée de son manteau de soie noire, serré à la taille par une ceinture. Il y eut un nouveau moment de silence, pendant lequel nous nous regardâmes tous trois avec cette curiosité pleine d’intérêt et d’attendrissement qu’inspire toujours la première entrevue qui suit une longue séparation. L’énergique figure de Bamboche avait dépouillé son caractère habituel de railleuse audace, ses yeux encore humides s’attachèrent tour-à-tour sur moi et sur Basquine, tandis que celle-ci, une main dans la main de notre compagnon et l’autre fraternellement appuyée sur mon épaule, me contemplait en souriant de ce sourire triste et pensif, qui lui était habituel dans son enfance, lorsqu’elle parlait de sa famille et de son père. Vus de près, les traits de Basquine paraissaient encore plus fins, encore plus purs qu’à la scène, mais aussi on y remarquait davantage l’empreinte de la misère et du chagrin ; son teint, autrefois d’une transparence rosée, quoique un peu bruni par le hâle, s’étiolait alors sous une pâleur maladive ; ses lèvres, jadis d’un vermillon si vif, avaient blanchi ; enfin il fallait la grâce, la svelte élégance des attaches de son cou et de ses épaules, pour faire oublier sa maigreur. Hélas ! que dirai-je, ce charmant visage de seize ans, déjà flétri, décoloré, trahissait l’habitude de privations et de peines si amères, que des larmes me vinrent aux yeux. – Tu me trouves bien changée ? n’est-ce pas, Martin ? – me dit Basquine, devinant la cause de mon émotion, – moi… je t’aurais reconnu tout de suite… Puis s’adressant à Bamboche, en me montrant du regard : – Comme il a l’air loyal et bon ! n’est-ce pas ? – Ça me rappelle… ce que je disais à Claude Gérard… l’homme que nous avons volé et qui a recueilli Martin. – reprit Bamboche, – « D’après ce que vous m’apprenez de Martin, je vois d’ici sa figure grave et douce, où se peint son caractère. » – Je ne m’étais pas trompé, c’est bien cela, – ajouta Bamboche en me regardant fixement, – oui, c’est bien cela, c’est bon à voir une loyale figure… ça repose… – Toi… – dit Basquine à Bamboche, – avec un singulier accent d’affection, de reproche et de mélancolie, tu n’es pas changé, tout s’émousse sur toi… rien ne peut mordre sur ta nature de fer… – Rien n’y peut mordre… excepté Martin… excepté toi… Basquine secoua la tête. – En vous revoyant tous deux, j’ai pleuré… comme un enfant… – poursuivit Bamboche, sans paraître remarquer le mouvement de Basquine, – dam… après tant d’années d’absence… nous voir enfin réunis… – Vous retrouver le même jour… toi, – me dit Basquine en me tendant la main. – Et toi ! – ajouta-t-elle en donnant son autre main à Bamboche. – Tu ne m’en veux plus ? – lui demanda Bamboche presque avec crainte. – Entre nous trois… ne devons-nous pas tout nous pardonner ? – dit doucement Basquine ; puis un éclair brilla dans ses yeux ; sa lèvre sardonique se contracta, et elle ajouta : – C’est pour d’autres qu’il faut cultiver nos haines. – Il y a donc long-temps que tu n’avais vu Bamboche ? – demandai-je à notre compagne. – Trois ans, – me répondit-elle. – Oui… trois ans, – reprit Bamboche sans oser, pour ainsi dire, regarder Basquine. – Ainsi, tu ignorais qu’elle dût jouer ce soir ? – dis-je à notre ami. – Je ne la savais pas à Paris, et je n’avais pas seulement lu l’affiche, – reprit-il. – Quand je suis rentré dans ma loge, le tapage commençait… cabale montée, j’en suis sûr… par ces méchants gants jaunes de l’avant-scène. Malheureusement… je n’ai eu que le temps de les souffleter. – Dans cette loge, tu l’as reconnu ? – lui dis-je. – Qui ? – Scipion !… le petit vicomte ! – Le gamin de la forêt de Chantilly ! – s’écria Bamboche. – Martin a raison, – dit Basquine d’une voix sourde. – C’était le vicomte. – Tu le savais donc là ? toi, ma pauvre Basquine, – lui demandai-je. – Non, – tout entière à mon rôle, je ne me doutais pas de la présence du vicomte ; sans cela, je me serais attendu à tout de lui… – Pourquoi donc ? – dis-je à notre compagne ? – Tu l’avais donc déjà revu depuis la scène de la forêt ? – ajouta Bamboche aussi surpris que moi. – Oui… car on croirait qu’une fatalité me rapproche toujours de cette méchante petite créature… – reprit Basquine avec un ressentiment concentré. – Il y a deux ans je l’ai revu,… et il y a deux ans, j’ai été comme aujourd’hui… humiliée, outragée… jusqu’au vif… jusqu’au sang… – Le misérable ! – m’écriai-je, – mais d’où lui vient cet acharnement contre toi ? – Je n’en sais rien… – reprit Basquine. – Oh ! vicomte… vicomte… – dit Bamboche, – toi et ton père… je vous rejoindrai… Je te vengerai, Basquine… – Je n’ai besoin de personne… – dit fièrement la jeune fille, – je sais vouloir… et attendre. – Et il y a deux ans… crois-tu que Scipion t’ait reconnue ? – lui dis-je. – Non… pas plus qu’il ne m’a reconnue aujourd’hui, j’en suis certaine… L’instinct du mal et le hasard l’auront guidé… Je vous dis… qu’il y a des fatalités… Puis, passant sa main amaigrie sur son front, Basquine reprit tendrement : – Et toi… as-tu aussi beaucoup souffert ? Es-tu heureux à cette heure ? – Mais j’y songe maintenant – dit Bamboche en m’examinant avec une expression de surprise presque douloureuse, – toi… toi… une livrée ! !… – En effet… – ajouta tristement Basquine – réduit à cela… toi ? – Pardieu, c’est tout simple… – s’écria Bamboche avec un accent de raillerie amère – c’est une âme d’or… il n’y a pas de condition assez misérable pour lui… c’est comme toi, Basquine… tu as été admirable pour moi et… – Oublions cela, – dit la jeune fille en interrompant Bamboche. – Oui… oublions cela, – reprit-il avec amertume, et il ajouta d’un ton grave dont je fus pénétré : – Tu l’entends, Martin, et pourtant pour elle j’ai été brutal, méchant… impitoyable… – Tout cela est passé… – répondit simplement Basquine. – Cela est passé, – dit Bamboche d’un air navré, – cela est passé… comme ton amour pour moi… – L’amour ! ! ! – dit Basquine en haussant les épaules, et ses traits reprirent cette expression d’ironie glaciale dont j’avais été si frappé dans son rôle du mauvais génie, – tu vois Martin… il me parle d’amour… à mon âge… mais mes pauvres enfants… j’ai commencé si jeune… que maintenant… pour l’amour… J’AI CINQUANTE ANS… Il y eut entre nous trois un moment de pénible silence… Malgré son rude cynisme. Bamboche restait atterré, comme moi, de voir cette jeune fille, ce trésor de beauté, de grâce, d’intelligence et de génie déjà et à jamais flétrie dans ce qui fait rayonner ou ambitionner la beauté, la grâce, l’intelligence et le génie… – Rassurez-vous, – nous dit Basquine en nous prenant la main, à Bamboche et à moi, – dans ce cœur que toutes les misères humaines ont fait saigner jusqu’à ce qu’il fût desséché ; dans ce cœur où l’amour a été tué par une dégradation précoce, il restera toujours, comme disait autrefois Bamboche, un petit coin de tendre amitié pour vous deux… Mais nous oublions que Martin doit être impatient de savoir ce qui nous est arrivé à tous deux… – Ah ! mes amis, – leur dis-je, – combien de fois j’ai été préoccupé de ces pensées : où sont-ils ? que deviennent-ils ? et surtout par quel sinistre événement ont-ils disparu, le soir du jour où j’ai été arrêté après le vol commis chez Claude Gérard ? Car jugez de mon désespoir, mes amis, lorsque arrivé au rendez-vous que nous nous étions donné en cas de poursuite… vous savez… – Oui, – dit Bamboche, – au pied d’une croix de pierre, située au haut de la montée de la grande route… – Mais puisque tu avais été pris, toi, comment es-tu venu le soir à notre rendez-vous ? – me demanda Basquine. – Grâce à la généreuse confiance de Claude Gérard ; je vous expliquerai cela ; j’arrive donc près de la croix de pierre, là… que vois-je ! le petit châle de Basquine et quelques-unes des pièces d’argent au milieu d’une mare de sang. – Raconte-lui tout, – dit Basquine à Bamboche, – il saura ensuite ce qui m’est arrivé. – Je finissais d’empocher l’argent de Claude Gérard, quand tu nous as donné le signal d’alarme, – reprit Bamboche, – je voulais aller à ton secours. – C’est moi qui l’en ai empêché, – dit Basquine, – nous nous perdions sans te sauver, Martin, et il m’était venu un autre projet… – Tu avais raison,...



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