E-Book, Französisch, 730 Seiten
Stendhal Le Rouge et le Noir
1. Auflage 2024
ISBN: 978-2-322-51396-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Un roman d'apprentissage sur l'ambition et la société par Stendhal
E-Book, Französisch, 730 Seiten
ISBN: 978-2-322-51396-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Le Rouge et le Noir, écrit par Stendhal en 1830, est un roman d'apprentissage qui explore les thèmes de l'ambition, de la société, et de la lutte des classes à travers le parcours de Julien Sorel. Ce jeune homme intelligent et ambitieux, issu d'une famille modeste de la province française, rêve de grandeur en s'inspirant de Napoléon. Il est confronté à la rigidité de la société de la Restauration, où les anciennes aristocraties reprennent le pouvoir. Le roman commence dans la petite ville de Verrières, où Julien, fils d'un charpentier, attire l'attention du maire, M. de Rênal, qui l'engage comme précepteur pour ses enfants. Bien que Julien méprise la bourgeoisie pour son hypocrisie, il séduit Mme de Rênal pour avancer ses ambitions, entamant ainsi une liaison risquée. Cet épisode marque le début de son ascension sociale mais aussi de ses conflits internes, tiraillé entre son désir de réussite et ses sentiments authentiques pour Mme de Rênal. Poursuivant ses ambitions, Julien quitte Verrières pour le séminaire de Besançon, espérant devenir prêtre, un autre moyen de s'élever dans la société. Cependant, il se heurte à l'hostilité de ses pairs et à l'autoritarisme de la hiérarchie ecclésiastique, qui décèle son ambition sous son apparente dévotion. Malgré son malaise, Julien impressionne ses supérieurs par son intelligence et sa discipline. Le roman, sous-titré Chronique du XIXe siècle, est une critique sociale acerbe qui dépeint Julien comme un personnage en proie à l'hubris, la démesure, et à la corruption par les mécanismes sociaux. Les seuls moments de plénitude qu'il éprouve surgissent lorsqu'il est seul dans la nature ou en prison. Le titre du roman, Le Rouge et le Noir, symbolise l'hésitation de Julien entre une carrière militaire (le rouge) et une carrière religieuse (le noir). Stendhal s'inspire d'un fait divers réel, l'affaire Berthet, pour construire une intrigue riche en tension et en psychologie. Le roman est une étude complexe de la psychologie humaine et de la société, et il a influencé de nombreux écrivains et artistes dans le monde entier. Aujourd'hui, Le Rouge et le Noir est considéré comme un chef-d'oeuvre de la littérature française, une référence incontournable dans les catégories de Romans d'apprentissage, Littérature classique, et Critique sociale sur Amazon.
Stendhal, de son vrai nom Marie-Henri Beyle, est né le 23 janvier 1783 à Grenoble, en France. Il est l'un des écrivains les plus éminents du XIXe siècle, connu pour ses romans d'analyse psychologique et sociale tels que Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme. Issu d'une famille bourgeoise, Stendhal a été profondément influencé par les idéaux de la Révolution française et par son admiration pour Napoléon Bonaparte, qu'il a servi en tant qu'officier de l'armée. Cette expérience a nourri son intérêt pour l'ambition et la lutte des classes, des thèmes centraux dans son oeuvre. Stendhal a débuté sa carrière littéraire avec des essais sur l'art et la musique avant de se tourner vers le roman. Le Rouge et le Noir, publié en 1830, est inspiré par un fait divers réel, l'affaire Berthet, et explore la complexité des émotions humaines à travers le personnage de Julien Sorel. Le roman a été salué pour sa profondeur psychologique et sa critique sociale, bien qu'il ait également suscité la controverse pour sa représentation de l'ambition et de l'immoralité. En plus de sa carrière littéraire, Stendhal a été un critique d'art perspicace et un diplomate. Il a passé de nombreuses années en Italie, où il a trouvé l'inspiration pour plusieurs de ses oeuvres. Sa capacité à capturer les nuances de la société et de la psychologie humaine a fait de lui un pionnier du réalisme et du romantisme. Stendhal est décédé le 23 mars 1842 à Paris, laissant derrière lui un héritage littéraire durable qui continue d'influencer les écrivains et les lecteurs du monde entier. Ses oeuvres sont aujourd'hui considérées comme des classiques de la littérature française, et il est reconnu pour son style incisif et sa capacité à dépeindre la complexité des relations humaines.
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IV
Un Père et un Fils
sarà mia colpa, Se cosi è ? MACHIAVELLL Ma femme a réellement beaucoup de tête ! disait, le lendemain à six heures du matin, le maire de Verrières, en descendant à la scie du père Sorel. Quoique je lui aie dit, pour conserver la supériorité qui m’appartient, je n’avais pas songé que si je ne prends pas ce petit abbé Sorel, qui, dit-on, sait le latin comme un ange, le directeur du dépôt, cette âme sans repos, pourrait bien avoir la même idée que moi et me l’enlever. Avec quel ton de suffisance il parlerait du précepteur de ses enfants !... Ce précepteur, une fois à moi, portera-t-il la soutane ? M. de Rênal était absorbé dans ce doute, lorsqu’il vit de loin un paysan, homme de près de six pieds, qui, dès le petit jour, semblait fort occupé à mesurer des pièces de bois déposées le long du Doubs, sur le chemin de halage. Le paysan n’eut pas l’air fort satisfait de voir approcher M. le maire ; car ces pièces de bois obstruaient le chemin, et étaient déposées là en contravention. Le père Sorel, car c’était lui, fut très-surpris et encore plus content de la singulière proposition que M. de Rênal lui faisait pour son fils Julien. Il ne l’en écouta pas moins avec cet air de tristesse mécontente et de désintérêt, dont sait si bien se revêtir la finesse des habitants de ces montagnes. Esclaves du temps de la domination espagnole, ils conservent encore ce trait de la physionomie du fellah d’Égypte. La réponse de Sorel ne fut d’abord que la longue récitation de toutes les formules de respect qu’il savait par cœur. Pendant qu’il répétait ces vaines paroles, avec un sourire gauche qui augmentait l’air de fausseté et presque de friponnerie naturel à sa physionomie, l’esprit actif du vieux paysan cherchait à découvrir quelle raison pouvait porter un homme aussi considérable à prendre chez lui son vaurien de fils. Il était fort mécontent de Julien, et c’était pour lui que M. de Rênal lui offrait les gages inespérés de 300 francs par an, avec la nourriture et même l’habillement. Cette dernière prétention, que le père Sorel avait eu le génie de mettre en avant subitement, avait été accordée de même par M. de Rênal. Cette demande frappa le maire. Puisque Sorel n’est pas ravi et comblé de ma proposition, comme naturellement il devrait l’être, il est clair, se dit-il, qu’on lui a fait des offres d’un autre côté ; et de qui peuvent-elles venir, si ce n’est du Valenod. Ce fut en vain que M. de Rênal pressa Sorel de conclure sur-le-champ : l’astuce du vieux paysan s’y refusa opiniâtrement ; il voulait, disait-il, consulter son fils, comme si, en province, un père riche consultait un fils qui n’a rien, autrement que pour la forme. Une scie à eau se compose d’un hangar au bord d’un ruisseau. Le toit est soutenu par une charpente qui porte sur quatre gros piliers en bois. À huit ou dix pieds d’élévation, au milieu du hangar, on voit une scie qui monte et descend, tandis qu’un mécanisme fort simple pousse contre cette scie une pièce de bois. C’est une roue mise en mouvement par le ruisseau qui fait aller ce double mécanisme ; celui de la scie qui monte et descend, et celui qui pousse doucement la pièce de bois vers la scie, qui la débite en planches. En approchant de son usine, le père Sorel appela Julien de sa voix de stentor ; personne ne répondit. Il ne vit que ses fils aînés, espèce de géants qui, armés de lourdes haches, équarrissaient les troncs de sapin, qu’ils allaient porter à la scie. Tout occupés à suivre exactement la marque noire tracée sur la pièce de bois, chaque coup de leur hache en séparait des copeaux énormes. Ils n’entendirent pas la voix de leur père. Celui-ci se dirigea vers le hangar ; en y entrant, il chercha vainement Julien à la place qu’il aurait dû occuper, à côté de la scie. Il l’aperçut à cinq ou six pieds plus haut, à cheval sur l’une des pièces de la toiture. Au lieu de surveiller attentivement l’action de tout le mécanisme, Julien lisait. Rien n’était plus antipathique au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui était odieuse : il ne savait pas lire lui-même. Ce fut en vain qu’il appela Julien deux ou trois fois. L’attention que le jeune homme donnait à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l’empêcha d’entendre la terrible voix de son père. Enfin, malgré son âge, celui-ci sauta lestement sur l’arbre soumis à l’action de la scie, et de là sur la poutre transversale qui soutenait le toit. Un coup violent fit voler dans le ruisseau le livre que tenait Julien ; un second coup aussi violent, donné sur la tête, en forme de calotte, lui fit perdre l’équilibre. Il allait tomber à douze ou quinze pieds plus bas, au milieu des leviers de la machine en action, qui l’eussent brisé, mais son père le retint de la main gauche comme il tombait. « Eh bien, paresseux ! tu liras donc toujours tes maudits livres, pendant que tu es de garde à la scie ? Lis-les le soir, quand tu vas perdre ton temps chez le curé, à la bonne heure. » Julien, quoique étourdi par la force du coup, et tout sanglant, se rapprocha de son poste officiel, à côté de la scie. Il avait les larmes aux yeux, moins à cause de la douleur physique, que pour la perte de son livre qu’il adorait. « Descends, animal, que je te parle. » Le bruit de la machine empêcha encore Julien d’entendre cet ordre. Son père qui était descendu, ne voulant pas se donner la peine de remonter sur le mécanisme, alla chercher une longue perche pour abattre les noix, et l’en frappa sur l’épaule. À peine Julien fut-il à terre, que le vieux Sorel, le chassant rudement devant lui, le poussa vers la maison. Dieu sait ce qu’il va me faire ! se disait le jeune homme. En passant, il regarda tristement le ruisseau où était tombé son livre ; c’était celui de tous qu’il affectionnait le plus, le Mémorial de Sainte-Hélène. Il avait les joues pourpres et les yeux baissés. C’était un petit jeune homme de dix-huit à dix-neuf ans, faible en apparence, avec des traits irréguliers, mais délicats, et un nez aquilin. De grands yeux noirs, qui, dans les moments tranquilles, annonçaient de la réflexion et du feu, étaient animés en cet instant de l’expression de la haine la plus féroce. Des cheveux châtain foncé, plantés fort bas, lui donnaient un petit front, et dans les moments de colère, un air méchant. Parmi les innombrables variétés de la physionomie humaine, il n’en est peut-être point qui se soit distinguée par une spécialité plus saisissante. Une taille svelte et bien prise annonçait plus de légèreté que de vigueur. Dès sa première jeunesse, son air extrêmement pensif et sa grande pâleur avaient donné l’idée à son père qu’il ne vivrait pas, ou qu’il vivrait pour être une charge à sa famille. Objet des mépris de tous à maison, il haïssait ses frères et son père ; dans les jeux du dimanche, sur la place publique, il était toujours battu. Il n’y avait pas un an que sa jolie figure commençait à lui donner quelques voix amies parmi les jeunes filles. Méprisé de tout le monde, comme un être faible, Julien avait adoré ce vieux chirurgien-major qui un jour osa parler au maire au sujet des platanes. Ce chirurgien payait quelquefois au père Sorel la journée de son fils, et lui enseignait le latin et l’histoire, c’est-à-dire ce qu’il savait d’histoire, la campagne de 1796 en Italie. En mourant, il lui avait légué sa croix de la Légion d’honneur, les arrérages de sa demi-solde, et trente ou quarante volumes, dont le plus précieux venait de faire le saut dans le ruisseau public, détourné par le crédit de M. le Maire. À peine entré dans la maison, Julien se sentit l’épaule arrêtée par la puissante main de son père ; il tremblait, s’attendant à quelques coups. — Réponds-moi sans mentir, lui cria aux oreilles la voix dure du vieux...




