Stendhal | De l'amour | E-Book | www2.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 516 Seiten

Stendhal De l'amour


1. Auflage 2019
ISBN: 978-2-322-15150-9
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 516 Seiten

ISBN: 978-2-322-15150-9
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Mortimer revenait tremblant d'un long voyage ; il adorait Jenny ; elle n'avait pas répondu à ses lettres. En arrivant à Londres, il monte à cheval et va la chercher à sa maison de campagne. Il arrive, elle se promenait dans le parc ; il y court, le coeur palpitant ; il la rencontre, elle lui tend la main, le reçoit avec trouble : il voit qu'il est aimé. En parcourant avec elle les allées du parc, la robe de Jenny s'embarrassa dans un buisson d'acacia épineux. Dans la suite, Mortimer fut heureux, mais Jenny fut infidèle. Je lui soutiens que Jenny ne l'a jamais aimé ; il me cite comme preuve de son amour la manière dont elle le reçut à son retour du continent, mais jamais il n'a pu me donner le moindre détail. Seulement il tressaille visiblement dès qu'il voit un buisson d'acacia ; c'est réellement le seul souvenir distinct qu'il ait conservé du moment le plus heureux de sa vie. Sous couvert d'analyse psychologique et sociologique de l'amour, il y exprime sa passion malheureuse pour Matilde Viscontini Dembowski. C'est dans cet ouvrage qu'il invente et décrit le célèbre phénomène de la cristallisation. Un essai sur le sentiment amoureux dans lequel il tente une catégorisation et analyse des différents types d'émotions. L'idée la plus célèbre est celle de la "cristallisation" : l'amant voit l'être aimé sous le prisme de la perfection et en fait une image idéalisée.

Stendhal, whose real name is Marie-Henri Beyle, born on 23 January 1783 in Grenoble and died on 23 March 1842 in Paris, is a French writer of the first half of the 19th century. He joined the army in 1800 and held mainly military administrative positions, as he did during the Russian campaign in 1812. An art lover and passionate about Italy, where he spent many years, he first wrote aesthetic essays under his real name as L'Histoire de la peinture (early 1817), but it was under the pseudonym "M. de Stendhal, officier de cavalerie" that he published Rome, Naples, Florence in September 1817. This pen name is inspired by a German town called "Stendal", the birthplace of the renowned art historian and archaeologist Johann Joachim Winckelmann at the time, but above all close to where Stendhal lived in 1807-1808 a moment of great passion with Wilhelmine de Grisheim. Having added an H to further Germanize the name, he wanted to pronounce it "Standhal". His training novels Le Rouge et le Noir (1830), La Chartreuse de Parme (1839) and Lucien Leuwen (unfinished) made him, alongside Balzac, Hugo, Flaubert or Zola, one of the great representatives of 19th century French fiction. In his novels, characterized by a thrifty and tightened style, Stendhal searches for "Truth, the harsh truth" in the psychological field, and mainly portrays young people with romantic aspirations for vitality, strength of feeling and dreams of glory.
Stendhal De l'amour jetzt bestellen!

Autoren/Hrsg.


Weitere Infos & Material


Préface


Quoiqu'il traite de l'amour, ce petit volume n'est point un roman, et surtout n'est pas amusant comme un roman. C'est tout uniment une description exacte et scientifique d'une sorte de folie très rare en France. L'empire des convenances, qui s'accroît tous les jours, plus encore par l'effet de la crainte du ridicule qu'à cause de la pureté de nos mœurs, a fait du mot qui sert de titre à cet ouvrage une parole qu'on évite de prononcer toute seule, et qui peut même sembler choquante.

J'ai été forcé d'en faire usage, mais l'austérité scientifique du langage me met, je pense, à l'abri de tout reproche à cet égard.

...


Je connais un ou deux secrétaires de légation qui, à leur retour, pourront me rendre service. Jusque-là, que pourrais-je dire aux gens qui nient les faits que je raconte? Les prier de ne pas m'écouter.

On peut reprocher de l'égotisme à la forme que j'ai adoptée. On permet à un voyageur de dire: "J'étais à New-York, de là je m'embarquai pour l'Amérique du sud, je remontai jusqu'à

Santa-Fé-de-Bogota. Les cousins et les moustiques me désolèrent pendant la route, et je fus privé, pendant trois jours, de l'usage de l'œil droit."

On n'accuse point ce voyageur d'aimer à parler de soi; on lui pardonne tous ces je et tous ces moi, parce que c'est la manière la plus claire et la plus intéressante de raconter ce qu'il a vu.

C'est pour être clair et pittoresque, s'il le peut, que l'auteur du présent voyage dans les régions peu connues du cœur humain dit: "J'allai avec Mme Gherardi aux mines de sel de Hallein...

La princesse Crescenzi me disait à Rome... Un jour, à Berlin, je vis le beau capitaine L..." Toutes ces petites choses sont réellement arrivées à l'auteur, qui a passé quinze ans en Allemagne et en Italie. Mais, plus curieux que sensible, jamais il n'a rencontré la moindre aventure, jamais il n'a éprouvé aucun sentiment personnel qui méritât d'être raconté; et, si on veut lui supposer l'orgueil de croire le contraire, un orgueil plus grand l'eût empêché d'imprimer son cœur et le vendre au public pour six francs, comme ces gens qui, de leur vivant, impriment leurs Mémoires.

En 1822, lorsqu'il corrigeait les épreuves de cette espèce de voyage moral en Italie et en Allemagne, l'auteur, qui avait décrit les objets le jour où il les avait vus, traita le manuscrit qui contenait la description circonstanciée de toutes les phases de la maladie de l'âme nommée amour, avec ce respect aveugle que montrait un savant du XIVe siècle pour un manuscrit de Lactance ou de Quinte-Curce qu'on venait de déterrer. Quand l'auteur rencontrait quelque passage obscur, et, à vrai dire, souvent cela lui arrivait, il croyait toujours que c'était le moi d'aujourd'hui qui avait tort. Il avoue que son respect pour l'ancien manuscrit est allé jusqu'à imprimer plusieurs passages qu'il ne comprenait plus lui-même. Rien de plus fou pour qui eût songé aux suffrages du public; mais l'auteur, revoyant Paris après de longs voyages, croyait impossible d'obtenir un succès sans faire des bassesses auprès des journaux. Or, quand on fait tant que de faire des bassesses, il faut les réserver pour le premier ministre. Ce qu'on appelle un succès étant hors de la question, l'auteur s'amusa à publier ses pensées exactement telles qu'elles lui étaient venues. C'est ainsi qu'en agissaient jadis ces philosophes de la Grèce, dont la sagesse pratique le ravit en admiration.

0 Mai 1826.


Il faut des années pour pénétrer dans l'intimité de la société italienne. Peut-être aurai-je été le dernier voyageur en ce pays. Depuis le carbonarisme et l'invasion des Autrichiens, jamais étranger ne sera reçu en ami dans les salons où régnait une joie si folle. On verra les monuments, les rues, les places publiques d'une ville, jamais la société, l'étranger fera toujours peur; les habitants soupçonneront qu'il est un espion, ou craindront qu'il ne se moque de la bataille d'Antrodoco et des bassesses indispensables en ce pays pour n'être pas persécuté par les huit ou dix ministres ou favoris qui entourent le prince. J'aimais réellement les habitants, et j'ai pu voir la vérité.

Quelquefois, pendant dix mois de suite, je n'ai pas prononcé un seul mot de français, et sans les troubles et le carbonarisme, je ne serais jamais rentré en France. La bonhomie est ce que je prise avant tout.

Malgré beaucoup de soins pour être clair et lucide, je ne puis faire des miracles; je ne puis pas donner des oreilles aux sourds ni des yeux aux aveugles. Ainsi les gens à argent et à grosse joie, qui ont gagné cent mille francs dans l'année qui a précédé le moment où ils ouvrent ce livre, doivent bien vite le fermer, surtout s'ils sont banquiers, manufacturiers, respectables industriels, c'est-à-dire gens à idées éminemment positives. Ce livre serait moins inintelligible pour qui aurait gagné beaucoup d'argent à la Bourse ou à la loterie. Un tel gain peut se rencontrer à côté de l'habitude de passer des heures entières dans la rêverie, et à jouir de l'émotion que vient de donner un tableau de Prud'hon, une phrase de Mozart, ou enfin un certain regard singulier d'une femme à laquelle vous pensez souvent. Ce n'est point ainsi que perdent leur temps les gens qui payent deux mille ouvriers à la fin de chaque semaine; leur esprit est toujours tendu à l'utile et au positif. Le rêveur dont je parle est l'homme qu'ils haïraient s'ils en avaient le loisir; c'est celui qu'ils prendraient volontiers pour plastron de leurs bonnes plaisanteries. L'industriel millionnaire sent confusément qu'un tel homme place dans son estime une pensée avant un sac de mille francs.

Je récuse ce jeune homme studieux qui, dans la même année où l'industriel gagnait cent mille francs, s'est donné la connaissance du grec moderne, ce dont il est si fier, que déjà il aspire à l'arabe. Je prie de ne pas ouvrir ce livre tout homme qui n'a pas été malheureux pour des causes imaginaires étrangères à la vanité, et qu'il aurait grande honte de voir divulguer dans les salons.

Je suis bien assuré de déplaire à ces femmes qui, dans ces

mêmes salons, emportent d'assaut la considération par une affectation de tous les instants. J'en ai surpris de bonne foi pour un moment, et tellement étonnées, qu'en s'interrogeant elles-mêmes, elles ne pouvaient plus savoir si un tel sentiment qu'elles venaient d'exprimer avait été naturel ou affecté.

Comment ces femmes pourraient-elles juger de la peinture de sentiments vrais? Aussi cet ouvrage a-t-il été leur bête noire; elles ont dit que l'auteur devait être un homme infâme.

Rougir tout à coup, lorsqu'on vient à songer à certaines actions de sa jeunesse; avoir fait des sottises par tendresse d'âme et s'en affliger, non pas parce qu'on fut ridicule aux yeux du salon, mais bien aux yeux d'une certaine personne dans ce salon; à vingt-six ans, être amoureux de bonne foi d'une femme qui en aime un autre, ou bien encore (mais la chose est si rare, que j'ose à peine l'écrire de peur de retomber dans les inintelligibles, comme lors de la première édition), ou bien encore, en entrant dans le salon où est la femme que l'on croit aimer, ne songer qu'à lire dans ses yeux ce qu'elle pense de nous en cet instant, et n'avoir nulle idée de mettre de l'amour dans nos propres regards: voilà les antécédents que je demanderai à mon lecteur. C'est la description de beaucoup de ces sentiments fins et rares qui a semblé obscure aux hommes à idées positives. Comment faire pour être clair à leurs yeux?

Leur annoncer une hausse de cinquante centimes, ou un changement dans le tarif des douanes de la Colombie.

1 On me dit: "Ôtez ce morceau, rien de plus vrai; mais gare les industriels; ils vont crier à l'aristocrate." -En 1817, je n'ai pas craint les procureurs généraux; pourquoi aurais-je peur des millionnaires en 1826? Les vaisseaux fournis au pacha d'Égypte m'ont ouvert les yeux sur leur compte, et je ne crains que ce que j'estime.

Le livre qui suit explique simplement, raisonnablement, mathématiquement, pour ainsi dire, les divers sentiments qui se succèdent les uns aux autres, et dont l'ensemble s'appelle la passion de l'amour.

Imaginez une figure de géométrie assez compliquée, tracée avec du crayon blanc sur une grande ardoise: eh bien! je vais expliquer cette figure de géométrie; mais une condition nécessaire, c'est qu'il faut qu'elle existe déjà sur l'ardoise; je ne puis la tracer moi-même. Cette impossibilité est ce qui rend si difficile de faire sur l'amour un livre qui ne soit pas un roman. Il faut, pour suivre avec intérêt un examen philosophique de ce sentiment, autre chose que de l'esprit

chez le lecteur; il est de toute nécessité qu'il ait vu l'amour. Or, où peut-on voir une passion?

Voilà une cause d'obscurité que je ne pourrai jamais éloigner.

L'amour est comme ce qu'on appelle au ciel la voie lactée, un amas brillant formé par des milliers de petites étoiles, dont chacune est souvent une nébuleuse. Les livres ont noté quatre ou cinq cents des petits sentiments successifs et si difficiles à...



Ihre Fragen, Wünsche oder Anmerkungen
Vorname*
Nachname*
Ihre E-Mail-Adresse*
Kundennr.
Ihre Nachricht*
Lediglich mit * gekennzeichnete Felder sind Pflichtfelder.
Wenn Sie die im Kontaktformular eingegebenen Daten durch Klick auf den nachfolgenden Button übersenden, erklären Sie sich damit einverstanden, dass wir Ihr Angaben für die Beantwortung Ihrer Anfrage verwenden. Selbstverständlich werden Ihre Daten vertraulich behandelt und nicht an Dritte weitergegeben. Sie können der Verwendung Ihrer Daten jederzeit widersprechen. Das Datenhandling bei Sack Fachmedien erklären wir Ihnen in unserer Datenschutzerklärung.