Robert / Lissonnet | Satanic baby! | E-Book | www2.sack.de
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E-Book, Französisch, 248 Seiten

Robert / Lissonnet Satanic baby!

Tout feu tout, flamme à Venise
2. Auflage 2025
ISBN: 978-2-322-60425-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Tout feu tout, flamme à Venise

E-Book, Französisch, 248 Seiten

ISBN: 978-2-322-60425-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



DIMANCHE DE PÂQUES. PENDANT QUE SONNENT LES CLOCHES, DEUX CORPS TOMBENT DU CIEL ET UN BÉBÉ HORS DU COMMUN DISPARAÎT ENTRE PONT-AUDEMER ET HONFLEUR, NORMANDIE. LE COMMANDANT GEORGES FAIDHERBE, HÉROS RÉCURRENT DES POLARS DE ROBERT VINCENT, ENQUÊTE EN COMPAGNIE DE LA RAVISSANTE COMMISSAIRE ITALIENNE CLAUDIA DA PONTE. CE HUITIÈME ROMAN D'HUMOUR NOIR, IMPRÉGNÉ DE FANTASTIQUE, DÉBORDANT DE FANTAISIE, VOUS EMMÈNERA JUSQU'À VENISE, ITALIE, À LA POURSUITE D'UN ENFANT TRÈS SINGULIER.

Christian ROBERT, né en 1954, ancien professeur de Lettres Classiques, a signé à ce jour avec Vincent LISSONNET, 12 romans policiers publiés par divers éditeurs (Corlet, Ravet-Anceau, Cogito, Les Falaises, éditions MAN) sous le pseudonyme ROBERT VINCENT. Les titres épuisés chez les éditeurs d'origine sont réédités chez BoD. Le 12ème, NEW YORK DOLL, La Poupée new-yorkaise, a été publié par MAN éditions en juin 2024, un 13ème roman est achevé. En solo, il est également auteur de nouvelles, d'un conte et de deux recueils de fables publiés chez BoD.
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1


Une caravane passe


Pont-Audemer, Haute-Normandie, printemps 2015. Le commandant de police Georges Faidherbe, un homme d’apparence jeune, comme tout juste sorti de l’adolescence, extrait en souplesse son corps longiligne et fluet du siège passager d’une Mégane. L’agent Schlumpf, as du volant de la brigade criminelle du Havre, l’a conduit à tombeau ouvert jusquelà.

Faidherbe dégage d’un revers de main une mèche rebelle de cheveux roux qui vient caresser l’arête d’un nez long et fin. Il hume l’air dans toutes les directions. À ses pieds : bitume chauffé au soleil de midi, premières fleurs, herbes communes des talus, déjections canines. Au-delà : odeurs aquatiques de bord de rivière. Plus loin : effluves d’hydrocarbures et marins des bords de l’estuaire. À quelques mètres, il perçoit les traces olfactives d’un sang humain, derrière une palissade de toiles plastifiées. C’est une barrière installée à la hâte pour protéger la scène des voyeurs. La rubalise et les bâches sont en place. On ne l’a pas appelé pour rien.

Il pénètre dans le périmètre. Une interminable caravane anglaise de marque Chateau, couleur blanc cassé à rayures grises et vertes, est immobilisée le long d’une rivière, la Risle, tout près d’une centrale hydroélectrique qu’identifie l’inscription « RISLE ENERGIE », écrite d’une graphie naïve sur un panneau bleu. Porte et vitrages ouverts, la caravane est éclaboussée de taches de sang. Elle est prolongée par une Saab noire immatriculée en Grande-Bretagne, vide.

Les touristes britanniques, débarqués au Havre, sont descendus par la Côte de Quillebeuf et se sont garés le long du quai Félix-Faure, un peu après l’écluse qui sépare la Risle fluviale de sa partie maritime. À cet endroit, la rivière est soumise aux variations de hauteur et de débit de la marée. Un lieu idéal pour un lunch time. Il n’a pas le charme du centre ville avec ses canaux et ses édifices médiévaux, mais il est pratique pour continuer directement vers Honfleur et la Côte Fleurie. Sauf quand un événement imprévu coupe l’appétit.

Le lieutenant Lebru était de permanence ce matin de Pâques, il a été le premier sur les lieux. Il vient à la rencontre de son chef. Un troisième homme s’interpose, hirsute, débraillé, bancal. Pas un policier, un journaliste. Du chocolat souille les commissures de ses lèvres

— Pour L’Éveil : peut-on avoir des précisions sur cet accident ? Où est l’autre véhicule ? Des victimes ? Des morts ? Des témoins ? Que fait une brigade criminelle du Havre de l’autre côté de l’eau, à Pont-Audemer, dans l’Eure ?

Lebru écarte sans ménagement l’intrus de sa main libre.

— Plus tard, Lalouette, dégagez.

Le policier arbore un air goguenard en picorant dans un cornet de papier des friandises, comme à son habitude. Cette fois-ci, ce sont des chouchous.

— Alors, commandant, on vient s’payer une bonne tranche de rosbif ? demande-t-il à son chef qu’il a du mal à appeler patron depuis son retour à la tête de la brigade. L’attitude de Lebru oscille même entre respect craintif et familiarité condescendante.

En parlant, Lebru crache des cristaux de sucre d’une bouche encombrée de miettes.

Faidherbe hausse les épaules, l’évite et avance saluer le juge d’instruction, le substitut du procureur, le légiste Foutel et le fidèle capitaine Fésol.

Le juge et le substitut sont pâles et comme recueillis. Secoués par ce qu’ils ont vu, ils lui serrent la main en levant à peine la tête. Fésol fume nerveusement une cigarette. Le docteur Foutel lui-même semble ébranlé :

— Parfois je me demande si je n’aurais pas mieux fait d’être urgentiste. Au moins il y a de l’espoir. Je vous préviens, la victime, là-dedans, est littéralement en compote.

— Qu’est-ce qui s’est passé selon vous ?

— Jetez un coup d’oeil. Pour l’instant, je suis perplexe. Un individu à poil qui s’explose dans une caravane anglaise, c’est d’un goût assez douteux.

Le commissaire se retourne vers la caravane, fait quelques pas et, sans respirer, penche très brièvement la tête à l’intérieur. L’habitacle est très lumineux grâce aux larges baies dont les vitres sont brisées et surtout à cause de l’énorme trou qui crève son toit. Le tout est brun de sang séché. Des mouches ont pris possession des lieux et protestent contre l’intrus en bourdonnant. Le policier ne cherche pas à distinguer précisément le mobilier et les objets. Tout est constellé de fragments d’une bouillie sanglante à soulever le coeur. Au centre, un tas de chair en pâtée où des éclats blancs rappellent que cette marmelade avait récemment une forme et des os. Georges Faidherbe a bloqué sa respiration pour ne pas sentir le sang et les excréments qui se dégagent de ce pudding atomisé. Il ferme les yeux. Ce cocktail atroce est nimbé d’un léger parfum de soufre, il en est sûr. C’est fâcheux, ça. À moins qu’une usine de l’estuaire ait pollué la scène de crime. Ces odeurs se sont maintenant insinuées dans ses capteurs olfactifs hypersensibles grâce auxquels le policier bénéficie d’un odorat hors du commun. Hélas pour lui, pense-t-il en ce moment. Il manque de perdre l’équilibre au-dessus de ce carnage. Il fait pivoter sa longue carcasse sur elle-même et avale une grande rasade d’air frais avant de pouvoir parler.

— Vous avez dit à poil, Foutel ?

— Oui. Pas de vêtements, même en lambeaux, au milieu des chairs.

— Le conducteur du véhicule serait venu d’Angleterre jusqu’ici pour se faire sauter à la grenade ?

Le juge d’instruction intervient :

— Non. Les propriétaires sont sains et saufs mais en état de choc. Un couple de retraités. Ils sont dans la fourgonnette des gendarmes. C’est eux qui ont prévenu. Ils n’y sont pour rien, je pense. Tout était en ordre à l’intérieur quand ils ont débarqué du ferry ce matin, disent-ils.

— Mais, dites donc, je n’ai pas vu la tête ! le coupe Faidherbe.

— Ah ! Vous avez remarqué aussi, intervient le légiste. Bravo, commandant ! Cela avait échappé à ces messieurs. Il faut dire que leur coup d’oeil a été superficiel. La tête est introuvable. Peut-être que ce cadavre n’en a jamais eu... Ou qu’une belle Salomé nous l’apportera bientôt sur un plateau.

— Ce n’est pas le moment d’être cynique, Foutel, s’émeut le juge. C’est jour de Pâques, tout de même. On s’attend au gigot, pas à un steak tartare de chair humaine.

— Sale affaire, C’est moche, très moche. Et je ne parle pas seulement des statistiques du week-end, commente le substitut du procureur pour se manifester.

— C’est un passager clandestin qui aurait explosé ?

— Se serait crashé, plutôt. Vous avez vu le trou dans le toit de la caravane ? Pour moi, il est arrivé par là. Et pas de trace ni d’odeur de brûlure.

— C’est vrai, je n’ai pas senti non plus d’explosif, remarque le commissaire.

Il garde pour lui le si léger parfum de soufre. Le labo confirmera ou non cette trace. Inutile d’affoler la préfecture et le ministère pour l’instant.

— Alors, atterri mort ou vif ? demande le substitut.

— Je ne peux pas vous le dire encore, observe Foutel, vu la nature des restes. Sans tête, ce serait plutôt mort. Les projections de sang partout me font penser le contraire, toutefois.

— À l’odeur, je serais de votre avis, confirme Faidherbe.

Le légiste tend la main. Il s’apprête à prendre congé.

— Je compte sur les connaissances de Pastille au labo pour revenir en arrière sur l’état de la victime avant le crash. La physique, poids, vitesse et tout le tralala, c’est pas mon truc. Les analyses éclairciront tout ça.

— Eh bien voilà, on avance à grands pas ! s’exclame avec jubilation le juge en se frottant les mains. Vous nous tiendrez au courant, Faidherbe, je compte sur vous. Le substitut et moi, nous rentrons au Havre. J’en ai assez vu pour aujourd’hui.

— Discrétion absolue pour l’instant, n’est-ce pas ? ajoute le...



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