Robert / Lissonnet | La Mort mise en Seine | E-Book | www2.sack.de
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E-Book, Französisch, 192 Seiten

Robert / Lissonnet La Mort mise en Seine


2. Auflage 2024
ISBN: 978-2-322-53137-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 192 Seiten

ISBN: 978-2-322-53137-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Sur un bateau de croisière en Seine rebaptisé pour l'occasion La Templière, cinq cadres dynamiques de la société bancaire Eurotas participent à une murder party et jeu de rôle sur le thème du trésor perdu des Templiers, dont l'enjeu, une promotion exceptionnelle en plus de récompenses financières, excite les passions. Qui de ces cinq ambitieux jeunes gens, deux femmes et trois hommes l'emportera? Tous les coups étant permis ou presque, la croisière vire au drame. La Seine n'est pas un long fleuve tranquille. Robert Vincent le prouve dans ce cinquième opus, précédemment publié sous le titre La Mort monte en seine, récit trépidant et frénétique désormais dans sa version définitive. Sans être le protagoniste principal, le commandant Georges Faidherbe, présent dans les romans antérieurs, y fait une apparition décisive pour démêler l'imbroglio des faux-semblants.

Christian Robert Christian ROBERT, né en 1954, ancien professeur de Lettres Classiques, a signé à ce jour avec Vincent LISSONNET, 11 romans policiers publiés par divers éditeurs (Corlet, Ravet-Anceau, Cogito, Les Falaises, éditions MAN) sous le pseudonyme ROBERT VINCENT. Les titres épuisés chez les éditeurs d'origine sont réédités chez BoD. Un 12ème, NEW YORK DOLL, La Poupée new-yorkaise, sera publié par MAN éditions fin mai ou début juin 2024, un 13ème est en cours d'écriture. En solo, il est également auteur de nouvelles, d'un conte et de deux recueils de fables publiés chez BoD.

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1
Les débarqués de La Templière
Florent de Méville bout intérieurement. De colère et d’excitation. Il parle mais son public ne lui prête pas l'oreille. En particulier la grande brune à lunettes qui émerge de ceux que de Méville a mentalement surnommé le Groupe des Six. Elle l’écoute pas plus que les cinq autres. Ceux-là semblent se surveiller les uns les autres. Pourtant c’est elle que ses gros yeux cherchent en permanence. Un feu doit couver sous ce tailleur gris anthracite qu’elle paraît porter comme une cotte de mailles. Et elle tire sans cesse sur l’échancrure de sa veste, découvrant un sous-pull moulé sur deux seins qui font des clins d’œil à leur admirateur. Oui, celle-là lui semble très prometteuse. Car de Méville est un quinquagénaire travaillé par ses appétits. Au sommet du bonhomme, une tonsure entourée de cheveux hirsutes, jaunâtres tirant vers l’orange, viennent caresser un goitre monstrueux remontant jusqu’aux tempes. Au milieu de tout ça, une large bouche de crapaud paraît greffée sur une tête d’orang-outang. Ce physique ingrat ne décourage pas Florent de Méville de séduire. Bien au contraire. Il est historien-conservateur du patrimoine et, ce matin du mois de mars, il guide les touristes débarqués d’une péniche-paquebot à Caudebec-en-Caux. La Frog Princess, rebaptisée la Templière le temps d’une croisière culturelle médiévale sur la Seine. Le bateau est arrivé du Havre il y a quelques heures et quittera Caudebec au cours de l’après-midi. De médiéval, il ne reste dans cette petite ville que quelques belles pièces que les ravages de la seconde guerre mondiale ont miraculeusement épargnées. Le reste a été implacablement rasé. Sur le portail de l’église Notre-Dame, de Méville a voulu amuser ses touristes à trouver une figurine salace parmi la population de sculptures. Le jeu a tourné court, à peine arrivée, la grande brune avait déjà repéré la petite bonne femme aux jupes retroussées, à gauche du portail. Avec la façade de la Maison des Templiers, plus austère, il va être moins marrant et jouer le drame historique. La bâtisse a disparu lors du bombardement de 1940, laissant cette paroi debout comme en équilibre instable d’un décor de théâtre. De Méville va la commenter, il doit être bon et séduire par son verbe savant. Il le sait, la partie ne sera pas facile. L’auditoire est composé de retraités, public exigeant d’ex-collaborateurs d’entreprises en affaire avec la société financière Eurotas, spécialisée dans le rachat de dettes de PME. Eurotas a organisé cette croisière et l’a engagé en qualité de guide conférencier. De Méville jette un coup d’œil derrière ses auditeurs vers la statue de l'évêque Thomas Bazin, qui voulut réhabiliter Jeanne d’Arc, puis il se lance. — En ce tragique mois de juin quarante, le neuf précisément, un enchevêtrement de véhicules chargés de passagers et de leurs biens les plus précieux encombre le quai ainsi que toutes les ruelles du bourg. Pagaille complète ! C’est l’horreur et la panique dans l’attente du bac qui fait la traversée de la Seine ! On se bouscule pour se mettre hors de portée de l’envahisseur allemand. Les enfants crient, les mères hurlent de terreur... On opine en souriant à tout ce qu’il raconte comme des touristes béats. Est-ce qu’on l’écoute vraiment au moins ? Cinq jeunes individus tranchent sur le lot, plus un sixième, plus vieux, qui les couve du regard. Les cinq, hommes et femmes d'une trentaine d'années, forment un petit groupe dont l’habillement, aussi strict qu'élégant, détonne avec le négligé vaguement sportif des autres voyageurs. Ils ont cet air décontracté-emprunté des figures publicitaires sur papier glacé qu'on voit dans Elle ou Vogue homme. Trois hommes et deux femmes. Trois jeunes hommes, un grand et deux de taille moyenne, à l’élégance de citadins en week-end. Cheveux milongs savamment mal peignés, la cravate est restée dans le tiroir de la commode et on a gardé la veste sur un jean sombre de marque. Les femmes sont plus intéressantes. La première, c’est la grande brune qui le chauffe. La deuxième est une jolie petite blonde au col empourpré. Elle ne cesse de tapoter des doigts sur un jeu de clefs. L’une des clefs étincelle d’un rayon doré à chaque mouvement. Une torride aussi, cette fille-là, certainement pense de Méville. Mais trop facile, sans mystère. Une nerveuse à histoires, peut-être même hystérique. Méfiance. En outre, elle paraît accompagnée, flanquée d’un grand brun costaud qui la prend souvent en photo. L'historien a aussi remarqué qu’elle était dévorée des yeux par un autre homme plus âgé qui suit le groupe. Lui, c’est le sixième : élancé, élégance britannique, il a la couronne de cheveux grisonnante et les sourcils broussailleux comme un membre du Politburo au temps de l’Union Soviétique. Le regard libidineux du conservateur ne s’attarde pas plus longtemps sur la blonde canon. Trop de concurrence. — Une bombe ennemie explose alors sur les hauteurs, reprend de Méville. Puis d’autres jusqu’aux rives de la Seine. Aussitôt, l’encombrement des voitures alimente un brasier infernal, que dis-je ? Dantesque ! Il court de toits en toits et dévore irrémédiablement le cœur médiéval de la petite ville… L’assistance frémit et tourne la tête à gauche et à droite, comme si elle pouvait voir encore l’incendie ou les ruines fumantes autour d’elle. Toute, sauf la brune en tailleur et les cinq autres. De Méville fulmine. Le patrimoine culturel n’intéresse pas plus que ça cette demi-douzaine de mannequins. C’est mal parti. Il est évident qu’ils n’ont même aucune ambition culturelle. Comme ses cinq acolytes, la grande brune ne prête à la sommité qu’une oreille distraite. C’est tantôt un coup d’œil à un téléphone mobile, tantôt à un de ces minuscules ordinateurs de poche que sa propre administration lui refuse. Mais surtout, ces pantins frimeurs ne cessent de se regarder les uns les autres au lieu de le contempler, lui. Il a même le sentiment qu’ils se surveillent ou qu’ils s’épient. Bien qu’il en devine la raison, cette attitude l’irrite et l’inquiète à la fois. Il faut enchaîner. Le conférencier continue la visite guidée. Il est payé pour ça. — Avec la prison et l’église Notre-Dame que nous venons de quitter, cette façade a échappé aux trois jours d’incendie qui réduisirent le cœur de Caudebec à un amas de décombres fumants. Pour la deuxième fois, Caudebec faillit perdre ce fleuron de l’architecture civile du XIIIe siècle, sauvée de justesse dans les années vingt du démontage avant exportation aux États-Unis. Que remarquons-nous sur cette façade ? Personne ne répond. De Méville continue son exposé historique en posant son regard de visage en visage. Les deux jeunes femmes se dérobent à son entreprise de séduction culturelle. C’est la bousculade au moment d’entrer dans la bâtisse transformée en musée. Les retraités les plus âgés, craignant peut-être de ne pas trouver de place à l’intérieur, poussent l’ensemble des visiteurs en avant avec une énergie fébrile. Florent de Méville fronce les sourcils. Il a ouvert la porte mais reste en arrière afin de s’assurer que personne n’est laissé dehors. Il craint soudain pour la sécurité des collections et des vitrines. Sa grande brune et son groupe, la petite blonde en tête avec son cliquetis de clefs, ont été emportés par le flot. À l’intérieur, de Méville s’apprête à traiter d’une phrase la collection de poteries gallo-romaines. Il veut se concentrer sur quelques vestiges du Moyen Âge qui les attendent à l’étage. Or déjà la plupart des gens se jettent sur les plaques de cheminées et les armoires normandes du rez-de-chaussée dans l’espoir de constater qu’ils ont la même à la maison. Soudain, derrière lui, une voix acrimonieuse lance : — Vous ne nous avez encore rien dit des...



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