Perez / EDITIONS | Quatre heures quatre | E-Book | www2.sack.de
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E-Book, Französisch, 192 Seiten

Perez / EDITIONS Quatre heures quatre


1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-493785-01-5
Verlag: Heyinvest
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 192 Seiten

ISBN: 978-2-493785-01-5
Verlag: Heyinvest
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Que s'est-il réellement passé derrière le rideau de l'Hyper Cacher ? Après les best-sellers Le Code d'Esther et le Secret de la Ménorah, Yohan Perez vous livre une enquête inattendue sur l'attentat de l'Hyper Cacher, avec un témoignage inédit Le 9 janvier 2015 en début d'après-midi, soit deux jours après le drame tragique de l'attentat contre Charlie Hebdo qui a mis la France en émoi, un terroriste de la même sphère djihadiste que les frères Kouachi rentre dans un supermarché cacher, porte de Vincennes, pour y commettre l'irréparable. Son but ultime: assassiner le plus de personnes possibles... Quatre hommes y laisseront la vie: Yohan Cohen, 20 ans, Philippe Braham, 45 ans, François-Michel Saada, 64 ans, Yoav Hattab, 21 ans. Etes-vous prêt à vivre en immersion ce huis clos de quatre heures quatre avec les otages ? Attention certains passages peuvent heurter la sensibilité des lecteurs.

Yohan Perez a travaillé de nombreuses années en tant que réalisateur de télévision. Il est à présent consultant dans le conseil et la stratégie pour les entreprises. Il enseigne également le marketing et la communication. Il est auteur de plusieurs enquêtes qui ont été des Best-Seller, comme Le Secret de la Ménorah et Le Code d'Esther.

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Chapitre 3
HYPER CACHER, CAMÉRA 4
Caméra 45 : Intérieur du magasin, allée n° 4 : des clients fuient vers le sous-sol. Analyser la situation. Analyse la situation, analyse la situation… C’est ce que je me répète en boucle. En dix minutes, je suis tour à tour redevenu petit garçon, parfois paniqué mais déterminé, jeune adolescent, pas forcément bon élève, mais débrouillard, et enfin le militaire entraîné que j’étais jadis. Les paroles de maman me reviennent en boucle : « Tu es béni. Il ne t’arrivera jamais rien, mon fils. » Je m’y accroche comme à une bouée de sauvetage. Sans espoir, que nous resterait-il ? Une réalité. Et la réalité, à cet instant, ressemble à l’enfer. Je ne peux me résigner. Je dois utiliser mes connaissances, je dois redevenir l’homme fort et sûr de lui que j’incarnais autrefois. Je dois laisser le poids de mes années à mes pieds, oublier mon âge, mes 70 ans, et repartir au combat, peut-être pour une dernière fois. Les clients se sont tous terrés en bas, et je prie pour qu’une sortie s’y trouve. Une forte sensation m’envahit, celle de la mort imminente, après tout, nous sommes la cible d’un forcené, nous sommes cloîtrés dans un magasin pour juifs, comme ils disent, transformé pour l’occasion en un tombeau moderne. Je triture ma casquette entre mes mains. Les dernières actualités reviennent m’assaillir à cet instant. Quarante-huit heures nous séparent de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo. Une fusillade, 11 morts et leur visage m’apparaissent à l’esprit, comme si j’allais les retrouver. N’aie pas peur, ressaisis-toi. Tuerie de masse, tuerie de masse, tuerie de masse, tuerie de masse, tuerie de masse, tuerie de masse… Ces mots me hantent, encore une attaque contre nous. Cet homme qui se tient à quelques mètres de moi, qui hurle, qui tue… cet homme est là pour mourir. Mais avant il s’improvise fossoyeur de vies, il doit se faire du Juif pour rejoindre, comme il le croit, son paradis où l’attendent ses 72 vierges selon le mythe de l’anthropologue Malek Chebel. Malgré tout et malgré moi, je remets ma casquette et je descends rejoindre les autres. Mes yeux furètent, il fait un peu sombre, je ne sais pas si ma vision est brouillée à cause de mon chagrin ou de mon coeur qui s’affole… 120 battements par minute. 130 battements par minute. 150 battements par minute. … même si je n’ai pas peur. Je me convaincs que ce n’est juste que ça : un peu d’obscurité. J’ai l’impression que le voile du chaos s’est déjà posé sur nous, j’ai l’impression de déchirer ce voile un pas après l’autre et que rien ne s’offre à moi malgré mon avancée, aussi faible soit-elle. Une sortie ? Pas de sortie. J’avise la porte des toilettes et y pénètre. Le mur est en Placoplatre, je connais ça, je sais que ce n’est pas solide. Peut-être que si je m’acharne contre lui, contre la fatalité, une brèche nous permettra de fuir. Alors je donne un violent coup de pied, du moins aussi violent que mon corps usé me le permet, et un morceau tombe au sol, creusant un trou qu’il serait facile d’agrandir. Mais nous ne sommes toujours pas dans l’un de ces films où il suffirait de creuser discrètement un tunnel pour s’évader. Je recommence, je donne un second coup de pied. Plus vaillant cette fois, plus assuré, certainement accompagné de tout l’espoir que le premier trou a fait naître en moi. Mais derrière le Placoplatre : le béton. En sortant des toilettes, je vois les gens affolés se diriger vers les frigos. Je m’en approche moi aussi, et je lis la terreur dans leur regard, ils sont morts de peur. J’avise les auréoles d’urine sur certains pantalons et une vision d’horreur me saisit, celle des wagons à bestiaux utilisés pour transporter les Juifs en Allemagne. Enfermés, sans air, sans liberté. Humiliés de minute en minute. C’est peut-être pour cette raison que je ne suis pas rentré avec eux. D’autant, me suis-je dit, qu’il y a deux poignées sur ces portes-là. À quoi bon s’enfermer si, de l’extérieur, le mal peut entrer et nous abattre comme des prisonniers, dos au mur ? Avec le recul, je ne regrette pas de ne pas les avoir rejoints, et je suis heureux de m’être trompé : les frigos ont été une bonne cachette et des gens s’en sont sortis grâce à eux. J’avais cette certitude, qui broyait mes entrailles, que les frigos étaient un piège, un piège à rats. Encore une fois, ce sont les images de la Solution finale qui venaient me hanter. Comme un souvenir. Cela remonte à si loin, pourtant… Je me demande parfois si nos cellules, nos gènes, notre appartenance à ce peuple peuvent nous faire ressentir les sévices subis jadis par ce même peuple. Comment, à un moment pareil, ai-je pu m’assimiler à l’un des miens, autrefois persécuté pour le simple fait d’être juif ? Comment les images ont-elles pu ainsi se superposer ? Celles des frigos aux wagons, puis celles des frigos aux chambres à gaz ? Dans un cas, on meurt de chaud, dans l’autre, on meurt de froid. Je crois que c’était chez moi la traduction de la peur. Et je crois que beaucoup de Juifs vivent avec cette sensation, avec des souvenirs qui ne sont pas les leurs, avec le poids d’une haine immémoriale pesant sur leurs épaules. Il faut que je trouve autre chose, une autre issue peut-être. Je repère alors des piles de palettes, je ne réfléchis pas plus loin, je les dispose rapidement, de façon à me créer un espace suffisamment couvert. Me cacher. Réfléchir. Voilà quelles sont mes deux priorités. En tournant ma tête, à la recherche de quelque chose pour me défendre, au cas où, j’avise un grand extincteur. À ce moment-là, tout est brouillé dans mon esprit. Je me vois le décrocher, le décapsuler, m’en servir pour faire exploser une éventuelle sortie de secours. Je me vois aveugler ce fou s’il vient à descendre, et pourquoi pas, le frapper à la tête et nous donner une chance. Mais je fais la seule chose que j’avais à faire : déverrouiller mon téléphone et appeler la police. J’appelle un proche, qui travaille avec les Renseignements généraux à Orléans. Je lui murmure quelques mots, très brièvement : « Écoute, on est pris en otage, on est à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, appelle les autorités ! » Vingt minutes plus tard, la police arrive sur les lieux. Je profite de ce moment d’accalmie pour appeler la mère de mon ami. Je n’ai aucune idée de ce qui est advenu de mon ami, je ne l’ai pas croisé en bas et espère de tout coeur qu’il est parvenu à s’enfuir. Je me sens obligé de prévenir cette pauvre femme. « C’est Harone, il y a une prise d’otages dans l’Hyper Cacher. » Imaginez-vous décrocher votre téléphone, l’humeur festive à l’idée de recevoir des invités, alors que vos mains s’échinaient quelques instants auparavant à préparer un repas gourmand pour shabbat. Imaginez-vous écouter une voix vous dire que votre enfant est peut-être la proie d’un dangereux criminel. Peu importe que l’enfant soit adulte, voire vieillard. Aucun parent au monde ne peut imaginer ce choc sans l’avoir vécu. J’entends encore sa voix tremblante et faible à l’autre bout de la ligne : « Oh ! » Et ce moment de silence, interminable, où je l’imagine s’asseoir, les jambes tremblantes, le coeur peut-être vacillant : « Et mon fils ? — Je n’ai aucune nouvelle de votre fils. » Je raccroche et appelle aussitôt mon ami, espérant qu’il me réponde vite. Par miracle, c’est le cas : « Je suis dehors. — Moi, je suis dedans. » J’imagine qu’il est pris en charge à ce moment-là, mais je me dois de rassurer sa mère, de composer une nouvelle fois son numéro pour lui dire de ne pas s’inquiéter. « Je suis dedans. » C’est en le disant que je le réalise vraiment. Ça m’a fait l’effet d’une gifle. « Je suis...



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