E-Book, Französisch, Band 1, 448 Seiten
Reihe: Memento
Le Guinio Memento
1. Auflage 2025
ISBN: 978-2-322-60605-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
L'Éveil
E-Book, Französisch, Band 1, 448 Seiten
Reihe: Memento
ISBN: 978-2-322-60605-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
« Qui suis-je ? » Ce fut la première question posée par cette jeune fille dont les souvenirs s'étaient enfuis au réveil. Dans un monde inconnu, dénuée de bons sens et de connaissances, elle cherchera son nom avec l'espoir de retracer son passé. L'histoire de cette jeune fille dépourvue de patronyme s'accompagnera de sa rencontre avec un jeune homme fougueux, répondant au nom d'Arthur, et d'une petite voix étrangère ayant élu domicile en elle. Embarquez avec elle dans son voyage embrumé de mystères et péripéties à la recherche de son passé.
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Where
Je descendais l’immense surplomb de terre d’où j’avais émergé. Le passage que j’avais emprunté pour sortir de la salle débouchait sur un petit plateau en hauteur. J’y avais pris le temps d’y observer le ciel et l’horizon. Les reliefs du décor qui s’était dévoilé à moi étaient splendides. Je ne savais pas comment nommer ces excroissances de terre qui s’élevaient vers le ciel, mais je les trouvais majestueuses. Du haut de mon perchoir, j’avais pu constater la présence accrue de… Je ne trouvais pas mes mots. « Arbres », m’avait révélé, ou plutôt m’avait craché la petite voix. De mon point de vue, les « arbres » étaient vraiment beaux. Je pouvais les admirer aussi longtemps que je le voulais sans me lasser. Ils s’étendaient à perte de vue dans le paysage que j’étudiais. Le sol du petit plateau était fait de la même matière que les roches vertes présentes à la sortie du passage.
Avide de découvrir le reste de ce qui s’offrait à moi, je commençais à arpenter le petit chemin sillonnant l’excroissance terrestre sur laquelle je me trouvais. Je descendais à travers les arbres et les rochers. Il y avait tellement d’éléments inconnus autour de moi que je ne savais plus où donner de la tête. Par exemple, qu’était-ce donc que cette chose ? Pendouillant du feuillage d’un arbre, une boule dorée dessinait des cercles. J’en approchai la main et celle-ci se mit à voler tout autour de moi avec grâce. Elle frôlait mes membres et me chatouillait. Puis, lorsqu’elle sembla lassée, elle s’éleva au-dessus de ma tête et plongea sur moi à une telle vitesse que je n’eus le temps de réagir. La boule dorée entra dans ma poitrine avec violence. Je poussai un cri de surprise. Ma peau devint lumineuse l’espace d’un instant à l’endroit par lequel elle avait pénétré en moi. Je m’attendais à ressentir quelque chose, de la « douleur ». Je fus presque déçue de constater que cela ne me fit rien. La petite boule dorée avait disparu en moi. Pourtant, je ne sentais pas de changement particulier. Devais-je rester là, à me demander ce qui se passait ? Trop pressée de continuer mon exploration, je repris mon chemin.
Des petits animaux passèrent en trombe devant moi. J’eus le temps d’en observer un. C’était une petite créature touffue. Une boule de poils, rien de plus. Je ne vis ni jambes, ni bras et encore moins de tête. Ses poils d’un bleu insolite le rendaient facilement repérable. Son compagnon et lui ne s’arrêtèrent pas pour moi et tracèrent leur route dans les hautes plantes bordant le sentier. Je me surpris à sourire tendrement. C’était « mignon ». Une ribambelle de créatures en tout genre déambulait autour de moi. Je m’arrêtai, déroutée. Se retrouver encerclée par plein d’espèces inconnues en même temps était surprenant, voire terrifiant. Cependant, je remarquai qu’elles ne semblaient pas s’intéresser à moi. Elles avaient toutes leurs vies et leurs occupations. Je ne faisais que passer dans leur monde.
Je marchais à mon rythme dans la « forêt », comme m’avait appris la petite voix. C’était drôle de donner un nom à un troupeau d’arbres. Je levai les yeux en tournant sur moi-même. J’avais quitté l’excroissance terrestre d’où je m’étais éveillée. J’étais encore à l’intérieur, il n’y a pas si longtemps. Quel étrange sentiment que de se dire ça. « Idiota puella ». Tiens, ça m’avait presque manqué. « Quelle idée stupide d’appeler ça une excroissance terrestre ! Dis Montagne tout simplement, Idiota puella ! » Toujours aussi aimable, mais je pris en considération sa leçon. Je m’étais donc éveillée à l’intérieur d’une « montagne ». Je la quittais après qu’elle m’ait bercée.
La forêt semblait sans fin. J’avais eu la chance de rencontrer un nombre impressionnant de variétés d’espèces différentes. Pas seulement d’espèces comme des créatures, mais aussi des plantes toutes plus étranges les unes que les autres. Celle m’ayant le plus marquée était une tige se servant de ses feuilles comme des boucliers. Impossible de passer un doigt au travers de sa carapace. Par contre, elle était dépourvue de protection par au-dessus. Des minuscules boules lumineuses de toutes les couleurs volaient autour d’elle. Lorsque l’une de ces boules entrait en collision avec le bouclier, elle était absorbée et le bouclier se teintait d’une couleur plus claire. Je ne comprenais pas son fonctionnement. Il y en avait plein par ici. Plus j’avançais, plus je me rendais compte que le sentier était long. Sa surface en terre sèche et poussiéreuse me semblait énigmatique. Était-ce naturel ? Où m’emmenait-il ?
Une nouvelle zone s’ouvrit devant moi. Moins d’arbres, plus de roches. Ces pierres étaient teintées de couleurs discrètes, rendant le paysage chaleureux. Le sentier se dessinait au loin. Je commençais à ressentir de la « douleur » dans mes pieds. Ils étaient nus et j’avais déjà bien marché. Je m’efforçai de continuer. L’air était plus lourd et plus… ? Chaud ? Ça devait être ça. La chaleur était particulière, elle m’empêchait de réfléchir convenablement. Dans le ciel, la boule de feu me narguait, tant elle en déversait sur moi.
La faune et la flore n’étaient plus les mêmes en ces terres arides. Je rencontrais des petites créatures à l’opposé de ce que je m’étais habituée à voir. C’était comme si elles avaient une peau faite de pierre. À l’instar des autres, elles ne m’accordaient aucune importance. Les arbres avaient troqué leur feuillage vert pour une couleur plus sèche, moins vivante. Tout ici paraissait plus aride. Paradoxalement, un petit torrent animait les environs, les remplissant d’une douce mélodie. J’y constatais un certain nombre de créatures. Les voir s’abreuver réveilla quelque chose en moi. Ma bouche me fit comprendre que j’avais besoin d’eau. Mon compagnon m’assura que je ne devais pas hésiter quand je sentais ma bouche pâteuse. Je m’approchai du torrent. Je ne connaissais pas grand-chose, néanmoins, l’eau était une denrée dont je n’ignorais rien. Il n’était plus question d’instinct ou de petite voix, ce liquide était mon essence de vie. Elle était le carburant qui me permettait de ne pas passer de l’autre côté de ce monde.
Je m’agenouillai, comme j’arrivais au bord de l’eau. Je joignis les mains, inutilement, puisque je finis par plonger ma tête dans le torrent. J’avalai l’eau, si fraîche et réconfortante. Je me sentais revivre. La sensation de froid qui descendait le long des parois de gorge était étonnamment agréable. Je sortis ma tête du liquide vital et remarquai que plus aucune créature n’était présente. J’étais seule, enfin, pas tout à fait. Mon sang se glaça. Je ne pus me mouvoir, j’étais figée sur place. La provenance de ma peur s’approchait lentement. Étais-je terrorisée ? Non, c’était différent. Une force plus grande que mon propre corps m’empêchait de bouger. Une force mystique et mystérieuse. Je restais plantée, les genoux à terre, à regarder devant moi.
Une ombre surgit de derrière un rocher. Massive et puissante, elle imposait le respect autant que la peur. Une créature bien plus grande que celles que j’avais pu découvrir jusqu’ici. Mes yeux ne parvinrent à se détourner d’elle. Elle possédait une musculature puissante. Pourvue de quatre pattes et d’une queue, elle arborait des rayures noires sur son pelage blanchâtre. Sa tête, parsemée de pelage blanc, faisait peur. Ses dents pointues ressortaient presque de sa bouche. Son museau était recouvert de blessures refermées qui avaient chassé le duvet qui le recouvrait. Enfin, ses petits yeux verts me regardaient avec autorité. Celui de gauche (ou de droite, j’avais du mal avec cette notion) particulièrement, comme il était barré d’une longue marque qui partait depuis l’une de ses oreilles velues. J’étais certaine que si ce monstre était plus petit, il aurait fait un adorable compagnon.
Je voulus dire quelque chose, crier, ou encore paniquer, mais il...




