E-Book, Französisch, 56 Seiten
Hanotaux L'Énigme de Charleroi
1. Auflage 2021
ISBN: 978-2-322-23226-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
un épisode tactique méconnu de la guerre 1914-1918
E-Book, Französisch, 56 Seiten
ISBN: 978-2-322-23226-0
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Albert Auguste Gabriel Hanotaux, né le 19 novembre 1853 à Beaurevoir et mort le 11 avril 1944 à Paris, est un diplomate, historien et homme politique français. Il est élu à l'Académie française au fauteuil 29 le 1er avril 1897 et à l'Académie de Rouen le 8 mars 1901.
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I. — LA MANŒUVRE DE BELGIQUE - LES COMBATS DE LA SAMBRE - 16 AOÛT-25 AOÛT 1914.
I. — CE QUE L'ON SUT DE LA BATAILLE DE CHARLEROI.
Les premières semaines de la guerre avaient paru favorables. La double invasion de l'Alsace méridionale par Mulhouse, les premiers incidents de l'offensive française en Lorraine, les succès des Russes en Prusse Orientale, les victoires serbes, tout donnait confiance. Jusqu'au 20 août, on était resté dans l'ignorance au sujet de l'emplacement des armées et des desseins des deux adversaires ; on savait seulement que la mobilisation et la concentration françaises s'étaient accomplies à merveille et que nos troupes occupaient, sur la frontière, les places assignées par les plans de l'état-major.
Le communiqué du 19 avait confirmé la nouvelle que l'armée française, prenant l'offensive, avait atteint Delme et Morhange. en territoire annexé.
De Belgique, depuis la prise de Liège, les nouvelles étaient rares. L'affaire de Dinant, le 15, heureuse pour nos armes n'avait pas eu de suite ; rien ne s'était dessine jusqu'au 18.
Soudain, le 19 et le 20, on apprend, coup sur coup, la marche en avant des armées allemandes, le passage de puissantes colonnes de toutes armes sur les routes du territoire belge, une invasion formidable s'étendant comme une nappe sur le pays. La résolution, prise par le gouvernement belge de ramener son armée à l'abri du camp retranché d'Anvers, éclata comme un aveu d'impuissance et le plus impressionnant des présages.
Le 21, on eut la nouvelle de l'échec de nos armées de l'Est en Lorraine. Le communiqué du 21, à minuit, reconnaissait que nos troupes avaient été ramenées en arrière... ; il ajoutait : L'importance des forces engagées ne nous eût permis de nous maintenir en Lorraine qu'au prix d'une imprudence inutile.
Eh quoi ! Il y avait donc une puissante offensive allemande sur la frontière lorraine, outre celle qui se produisait par la Belgique ! L'anxiété redoubla. La Belgique était-elle abandonnée ?
Le 22 août, l'opinion était saisie de l'intention du gouvernement français de venir en aide militairement à la Belgique :
La France est résolue à faire tout pour libérer le territoire de son alliée. Elle considère que son devoir n'aura été entièrement accompli que lorsqu'il ne restera plus un soldat allemand en Belgique.
Sous la rhétorique du texte officiel, on entrevoit une espèce de programme militaire :
Il n'a pas été possible, en raison des nécessités stratégiques, de participer plus tôt avec l'armée belge à la défense du pays ; mais les engagements que nous avons pris n'en sont que plus solennels ; notre coopération n'en sera que plus étroite ; elle se poursuivra avec une extrême énergie. La situation en Belgique reste sensiblement la même ; le mouvement des forces allemandes continue vers l'Ouest, précédé par des forces de cavalerie éclairant dans les directions de Gand d'une part, de la frontière française d'autre part. L'armée belge est prête dans le camp retranché d'Anvers.
La retraite de l'armée belge sous le canon d'Anvers est une opération prévue qui ne porte aucune atteinte à sa valeur ni à son incontestable puissance. Lorsque le moment en sera venu, l'armée belge se trouvera aux côtés de l'armée française, à laquelle les circonstances l'ont étroitement et fraternellement unie.
Ces lignes répondent au mouvement de l'opinion qui ne pouvait se faire à l'idée que la Belgique ne serait pas défendue. L'occupation de Bruxelles par les Allemands avait été une surprise pour le public français qui en était resté à la belle résistance de Liège ; l'arrivée des premières populations belges en fuite l'émut ; il s'inquiéta quand il apprit que l'armée belge s'était repliée sous le canon d'Anvers. A la question que l'on se posait universellement de savoir ce que devenaient les armées alliées, le communiqué répond. Et, en même temps, il indique les faits nouveaux, bien différents de ce que le public attend : non seulement la Belgique est envahie, mais la région de Gand et la frontière française sont insultées par la cavalerie ennemie. Où sont donc nos troupes? Que fait notre propre armée ?
Dès le 22, le bruit s'était répandu dans Paris, — et Paris-Midi le confirmait, — qu'une formidable bataille était engagée entre Mons et Charleroi. Bientôt la rumeur circule que nos armées n'ont pu enrayer la marche des armées allemandes et que notre aile gauche, c'est-à-dire l'armée anglaise, est débordée et enveloppée1.
Le 23, on apprend par de vagues rumeurs que les journées du 21 et du 22 n'ont pas été bonnes sur la Sambre. Le communiqué du 23 août paraît et s'applique à préparer les esprits :
. — A Namur, les Allemands font un grand effort contre les forts qui résistent énergiquement. Les forts de Liège tiennent toujours. L'armée belge est tout entière concentrée dans le camp retranché d'Anvers. Mais .
Nos troupes ont pris partout l'offensive. Leur action se poursuit régulièrement en liaison avec l'année anglaise. Nous trouvons en face de nous, dans ce mouvement offensif, , formations actives et formations de réserve. Le terrain des opérations, surtout à notre droite (il s'agit des Ardennes), est boisé et difficile. Il est à présumer que la bataille durera plusieurs jours. L'énorme extension du front et l'importance des effectifs engagés empêchent de suivre pas à pas le mouvement de chacune de nos armées. Il convient, en effet, pour apprécier cette situation, d'attendre un résultat qui serve de conclusion à la première phase du combat..., etc., etc.
Ce n'est pas la victoire en coup de vent dont on avait conçu si imprudemment l'espoir aux heures de l'enthousiasme...
Le 24, les événements militaires sont déjà accomplis. Les communiqués du 24 et du 25 contiennent tout ce que le public connut officiellement de la bataille de Charleroi. Il faut les citer :
D'abord, le communiqué du 24, au matin, qui donne comme une sorte d'exposé des opérations.
La grande bataille entre le gros des forces françaises et anglaises et le gros des forces allemandes continue. Pendant que cette action se poursuit, dans laquelle nous avons l'importante mission de retenir la presque totalité des armées ennemies, nos alliés de l'Est (les Russes) obtiennent de gros succès dont les conséquences doivent être considérables...
. — Nos armées, placées face à leurs objectifs, se sont ébranlées avant-hier, prenant résolument l'offensive. Entre la Moselle et Mons, la bataille générale est maintenant engagée, et la parole n'est plus qu'aux combattants eux-mêmes. (Suit un rappel des batailles de Lorraine et des Ardennes.) Une troisième armée, de la région de Chimay, s'est portée à l'attaque de la droite allemande entre Sambre et Meuse. Elle est appuyée par l'année anglaise, partie de la région de Mons.
Le mouvement des Allemands, qui avaient cherché à déborder notre aile gauche, a été suivi pas à pas, et leur droite se trouve donc attaquée maintenant par notre armée d'aile gauche, en liaison avec l'armée anglaise. De ce côté, la bataille se continue vivement depuis plus d'une journée. Sur tout le reste du front, elle est aussi engagée avec le plus grand acharnement et déjà les pertes sont sérieuses de part et d'autre. A notre extrême gauche, un groupement a été constitué dans le Nord pour parer à tout événement de ce côté.
Il y a bien, dans ces derniers mots, l'idée d'une conception stratégique qui, jusqu'à un certain point, s'oppose à celle de l'ennemi. Mais elle n'est indiquée qu'en passant et à peu près indiscernable pour ceux qui ne sont pas initiés.
Le coup de massue est donné par le communiqué du 24 août, 23 heures :
. — A l'Ouest de la Meuse, l'armée anglaise, qui se trouvait à notre gauche, a été attaquée par les Allemands. Admirable sous le feu, elle a résisté à l'ennemi avec son impossibilité ordinaire. L'armée...




