E-Book, Französisch, Band 2, 328 Seiten
Reihe: L'Avatar des ombres
Cavalier L'Avatar des ombres
1. Auflage 2023
ISBN: 978-2-322-54638-1
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Tome 2 : Espoirs et châtiments
E-Book, Französisch, Band 2, 328 Seiten
Reihe: L'Avatar des ombres
ISBN: 978-2-322-54638-1
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Alain Cavalier a grandi à Montévrain, en Seine-et-Marne. Dès l'âge de sept ans, son imagination le pousse à écrire des histoires. Durant ses études en cinéma, il commence la rédaction de son premier roman, L'Avatar des ombres. Il choisit la voie de l'autoédition pour publier son livre. Il vit aujourd'hui à Thorigny-sur-Marne, avec sa femme et ses deux enfants, et il travaille dans la restauration de films anciens.
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CHAPITRE 2
PRISON DE CHAIR
Le son régulier des sabots frappant le sol réveilla Caal. Sa vue brouillée ne l’aidait pas à répondre à la question lancinante que formulait son esprit :
»
Un sifflement aigu vrillait ses tympans. Malgré cela, son ouïe restait correcte. Des cliquetis métalliques et les grincements que feraient une roue qui tourne s’ajoutaient à la mélodie. Un cheval se mit à hennir, puis un second.
Les ballottements répétitifs le laissèrent supposer qu’il était en mouvement. Ses mains agrippèrent un barreau, apparemment en métal. Il s’en aida pour se redresser et se mettre en position assise.
Il ignorait tout de l’endroit où il se trouvait. Il était pieds et poings liés, mais on l’avait placé dans un lieu assez grand pour lui permettre de bouger librement, et ce, en dépit du fait qu’il était en déplacement.
Une forte douleur s’éveilla sur son buste. Une démangeaison si intense que tout son torse pulsait comme un cœur palpitant. Respirer lui était devenu pénible, chaque inspiration le faisait souffrir. L’idée même de tâtonner son corps pour élucider le mystère de cette blessure l’angoissait.
Il notait cependant une nette amélioration de sa vue. Peu à peu, elle recouvrait ses facultés. Il put ainsi distinguer la nature de sa cellule : une cage en fer située à l’arrière d’une carriole. Celle-ci roulait tranquillement, permettant aux soldats de marcher à la même allure. Caal reconnu directement le blason de l’Empire gravé sur leurs armures noires.
Dès lors, le souvenir de son combat dans la bibliothèque secrète lui revint en mémoire. Comment avait-il pu l’oublier ? Ce qu’il avait vécu là-bas n’avait aucun précédent. La triste mort d’Arnaan, et celle de Nalla, l’horrible tourment qu’il avait ressenti pour le sorcier qui l’avait attaqué, et l’étrange sort qu’avait employé cette femme aux cheveux blancs…
Tout était désormais limpide.
Mais il n’expliquait toujours pas le mal qui frappait sa poitrine. En baissant les yeux, il remarqua que son maillot avait été éventré sur la longueur. Le pire s’insinua en lui.
Il écarta soigneusement les pans du vêtement, du mieux qu’il put avec les mains entravées, et découvrit avec horreur la plaie qui le marquait.
Un vertige l’assaillit et manqua de lui faire perdre connaissance. Ce n’est qu’après un long moment de méditation qu’il trouva la force d’étudier sa blessure.
De multiples cercles, imbriqués les uns dans les autres, avaient été creusés dans sa chair. Divers symboles accompagnaient les lignes courbes telles des ombres. Et du sang séché recouvrait tout son corps dans un amas de croûtes répugnantes. Le rouge écarlate du cruor se mêlait à celui plus rosé de la chair à vif.
La vue de cette blessure infecte lui était insoutenable. Ses yeux fuirent cette toile cauchemardesque, et s’intéressèrent aux cavaliers qui accompagnaient la carriole. L’un d’eux éveilla son intérêt.
Il ne portait pas d’armure, mais une tunique violette à manches longues. Il avait des cheveux noirs plaqués vers l’arrière du crâne, malgré quelques mèches réticentes perlant sur son front. Caal était presque jaloux de sa beauté.
Il savait néanmoins que cet homme était aussi seul en son cœur que lui. Ils avaient partagé une expérience des plus déroutantes, indescriptible et pourtant si forte. Leurs passés s’étaient unifiés pour danser sur une même chanson. Ils étaient diamétralement opposés en apparence, mais en réalité extrêmement similaire dans l’âme.
Cet homme, Caal avait appris son nom grâce aux pouvoirs du Dévoreur : Yael Hormdust, ensorceleur au service de l’empereur.
Alors qu’il avait passé un long moment à l’étudier, le sorcier avait fini par croiser son regard.
– Tu es réveillé…, avait-il dit d’un air absent.
Caal hocha la tête.
– Un conseil, poursuivit le sorcier, évite de t’agiter si tu tentes de te libérer. Tout d’abord parce que cela est vain, mais aussi parce que ça ne fera qu’aggraver tes blessures.
– Vous vous inquiétez de ma santé maintenant ?
– Salamander ne veut pas d’un cadavre.
– Qu’est-ce que ça peut vous faire que je meurs ? Vous pouvez toujours me transformer en pantin avec votre pouvoir. Je suppose que même l’empereur n’y verra que du feu.
Hormdust n’avait pas relevé le commentaire.
– D’ailleurs, reprit Caal, où elles sont vos poupées ? Où est mon amie Nalla ? Vous savez, celle que vous avez tuée.
Il avait posé sur le sinèvrien un regard las.
– Elles s’occupent d’effacer nos traces. Au cas où tes amis auraient la mauvaise idée de te venir en aide. Les gens bons sont parfois idiots.
– Pourquoi faites-vous cela Hormdust ?
Son visage s’était rembruni en entendant sa question.
– Qu’est-ce que ça vous apporte de me livrer à l’empereur ? Ne me dites pas que vous avez peur de lui, si ?
– La ferme, stupide gamin.
Caal rit.
– Quoi ? demanda Hormdust nonchalant.
– Rien. Je me disais juste que ça ne vous ressemble pas de vous énerver aussi rapidement.
– Pour qui tu te prends raclure !? hurla-t-il subitement. Tu crois me connaître !? Tu ne sais pas qui je suis ! C’est impossible que tu le saches ! Tu n’es qu’une merde qui a héritée de grands pouvoirs ! Tu ne vaux rien ! Rien ! Tu…
– Un problème Yael ?
Celle qui venait d’interrompre l’ensorceleur n’était autre que la femme qui avait finalement capturé Caal.
En la revoyant, il mesurait ô combien elle était éblouissante. Son teint laiteux et ses cheveux platine lui conféraient une grâce sans égale. Elle portait à ce moment-là une robe noire à dentelles, qui laissait nue ses épaules et la naissance de sa gorge. Ayant relevé les pans de son vêtement pour pouvoir chevaucher, elle dévoilait aux yeux de tous les bretelles de son porte-jarretelles avec une indifférence assumée. Elle était également chaussée de bottes sanglées à talons hauts, tout à fait inappropriées pour l’équitation.
Malgré l’intérêt purement physique qu’il lui portait, Caal ne pouvait apprécier la vue de cette femme. Pas seulement parce qu’il lui devait son état de captivité, mais parce que le regard froid et haineux d’Ordalia Nodacce était un vrai supplice pour celui qui la contemplait.
Hormdust se retira, sans répondre à la sorcière.
– Que penses-tu du petit cadeau que je t’ai laissé ? fit Nodacce, un sourire malsain au coin des lèvres.
Caal ne comprit pas de suite de quoi elle parlait, puis il posa les yeux sur son torse meurtri.
– C’est vous qui m’avez fait ça ?
– On dirait que tu n’apprécies pas cette gentille attention. Pour une fois que je me montre généreuse.
– Que m’avez-vous fait ?
– D’après toi, sombre crétin ?
Il en avait une vague idée, mais s’abstint de répondre.
– J’ai scellé ton pouvoir, reprit-elle. Hormdust a eu une bonne idée sur ce coup-là, je dois l’avouer. Il a ensuite découvert, à ses dépens, que le Dévoreur pouvait absorber la magie et développer une immunité contre certains sorts, même aux sceaux. J’ai donc repris son idée, mais avec une légère amélioration.
Le ton méprisant qu’elle employait sans cesse rongeait la patience du sinèvrien. Et après tout ce qu’il venait de vivre, elle était très limitée.
– Vous aimez cela, n’est-ce pas ? Faire souffrir les autres. Vous vous sentez si seule dans votre misérable vie que vous blessez les gens pour attirer leur attention. Je n’ai pas raison ?
Le visage d’Ordalia mua en un masque de colère. Son sourire fier s’était évanoui pour laisser place à son expression la plus naturelle, le...




