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E-Book, Französisch, 152 Seiten

Brasillach Présence de Virgile

Le premier livre de Robert Brasillach (1909-1945). On reste stupéfait devant l'aisance littéraire de ce jeune auteur qui n'avait pas vingt ans.
1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-322-43066-6
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Le premier livre de Robert Brasillach (1909-1945). On reste stupéfait devant l'aisance littéraire de ce jeune auteur qui n'avait pas vingt ans.

E-Book, Französisch, 152 Seiten

ISBN: 978-2-322-43066-6
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
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RÉSUMÉ : "Présence de Virgile" est une oeuvre littéraire fascinante, écrite par Robert Brasillach alors qu'il n'avait pas encore atteint l'âge de vingt ans. Ce livre explore la figure emblématique de Virgile, le poète romain, et son influence persistante à travers les siècles. Brasillach, avec une maîtrise étonnante du langage, nous invite à redécouvrir Virgile non seulement comme un auteur de l'Antiquité mais comme un esprit vivant dont les oeuvres continuent de résonner dans le monde moderne. Le jeune auteur s'engage dans une réflexion profonde sur l'héritage littéraire et la manière dont les grands écrivains du passé façonnent notre compréhension actuelle de la littérature et de la culture. À travers une prose élégante et réfléchie, Brasillach parvient à capturer l'essence intemporelle de Virgile, tout en offrant une analyse perspicace de son impact sur les générations futures. Ce livre est une invitation à contempler la durabilité de l'art et de la pensée, et à reconnaître la présence continue des grands esprits littéraires dans notre monde contemporain. "Présence de Virgile" n'est pas simplement une étude académique, mais un hommage vibrant à l'une des figures les plus influentes de la littérature occidentale. L'AUTEUR : Robert Brasillach, né en 1909, est une figure notable de la littérature française du XXe siècle. Connu pour son talent précoce, Brasillach a marqué les esprits par son premier livre, "Présence de Virgile", écrit avant ses vingt ans. Il a étudié à l'École Normale Supérieure, où il a développé une passion pour la littérature classique et les auteurs de l'Antiquité. Brasillach s'est distingué par sa capacité à combiner une érudition profonde avec une plume élégante. Son oeuvre littéraire est souvent marquée par une réflexion sur l'héritage culturel et la place des auteurs classiques dans le monde moderne. Malheureusement, sa carrière a été entachée par ses engagements politiques controversés pendant la Seconde Guerre mondiale, qui ont conduit à son arrestation et à son exécution en 1945. Malgré cela, son travail littéraire continue d'être étudié pour sa contribution au débat sur la littérature et l'héritage culturel. Brasillach reste une figure complexe, dont les écrits offrent un aperçu fascinant des tensions entre art, politique et mémoire culturelle.

Robert Brasillach est un écrivain, journaliste et critique de cinéma français. Ancien élève du lycée de Sens où il a pour professeur Gabriel Marcel, Robert Brasillach est, après trois ans de classe préparatoire littéraire au lycée Louis-le-Grand, admis à l'École normale supérieure en 1928, période qu'il décrira longuement dans les premiers chapitres de Notre avant-guerre, livre de mémoire écrit en 1939-1940. Il assura une chronique littéraire dans le quotidien L'Action française et dans L'Étudiant français durant la première moitié des années 1930.
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I ENFANCES


Il restait peu de souvenirs de sa jeunesse : certaines images seulement, déformées comme des légendes, et puis de grands trous qui ne l’inquiétaient pas.

Il était né, un quinze octobre, dans un petit village de la plaine du Pô, non loin de Mantoue. Ses Parents y possédaient un bien... Mais ces souvenirs-là sont des choses qu’on ne peut pas raconter. Le charme des souvenirs d’enfance est sans doute dans cette faculté d’étirer, d’étendre en tous sens, espace et temps, une journée de soleil, une aventure. Plus qu’une autre, cette partie de notre vie est formée non pas de moments et de gestes successifs, mais de halos et de clartés mêlés. Aussi est-ce une chose décevante et un peu stupéfiante, pour celui qui croit que la vie est fragmentée et racontable, que de considérer cette période. On croyait bien, pourtant, que dix ans, douze ans, représentaient des faits, peu nombreux, mais nets, car on a bonne mémoire. Et pourtant, ce n’est qu’une atmosphère incroyable, formée par alluvions, où se sont déposés les récits familiaux, un rêve étrange et déchiré, un paysage inconnu avec des odeurs résineuses et des buissons plats, les vrais et maigres souvenirs, et les souvenirs beaucoup plus beaux dont nous ne nous souvenons pas.

C’est pourquoi, quand nous disons « notre enfance » , « mon enfance » , nous pouvons, du premier coup de pensée, sans chercher à analyser, savoir ce que c’est, mais ne cherchons pas à préciser, ne cherchons pas à le dire aux autres. Bien sûr, si nous disions tout uniment « ma vie » , « notre vie » , les autres non plus ne sauraient pas ce que c’est, mais nous pourrions leur faire croire qu’ils savent, car il y a des choses à dire. Il n’y a pas de choses à dire sur notre enfance.

Pour lui, comme pour d’autres, l’enfance était donc cette succession indicible de colorations où il n’y avait presque rien de précis. Il revoyait sans peine le fleuve vert de mer naître du lac de Garde, et venir, large et sinueux, baigner le domaine paternel. C’était une plaine, quelques hauteurs où se couchait le soleil d’été, et le bord uni de la rivière avec ses marécages et ses roseaux. Car il connaissait tout le pays, et Mantoue la verte, au bord de ses eaux, où il accompagnait parfois son père, lorsqu’il portait à la ville ses fromages durs et son miel. Le bien familial existait toujours, serré dans ses ceintures d’eaux, entre le Mincio et un ruisseau qui s’y jetait. Il n’était pas très vaste, mais gras et ordonné. Il venait de son grand-père maternel, un petit agent voyer fier d’une race de bonne bourgeoisie, qu’il avait connu un peu. Tous ces visages familiaux avaient beau être peu nets, il les aimait et les trouvait heureux. Son père n’était qu’un ouvrier potier qui, devenu fermier du grand-père maternel, finit par en épouser la fille. C’était un homme industrieux, économe, et plein de vertus paysannes. Il venait de Crémone. Maintenant, il habitait tou-jours cette petite ferme baignée de rivières, aveugle et attendant sa fin. Et plus il y songeait, plus son fils pensait qu’il en avait hérité de caractères, avec cet amour du sol, cette gêne un peu rustaude et, parfois, le goût des plaisirs primitifs.

Car il sentait fortement tout ce qui le liait à la terre et à ses ancêtres. Le peu qu’il en savait, déformé par des traditions familiales indécises, lui faisait infiniment respecter les efforts de petits paysans mantouans, de soldats, de marchands, et des chaînes l’unissaient à des races inconnues, âpres au gain, ou bien à ces races trop enclines au rêve qu’il aimait, se sachant des ascendances celtiques aussi bien que toscanes.

Il ignorait tout de ses premiers jours, comme nous tous, sinon ces récits puérils qu’on lui contait : sa mère avait fait un songe la nuit de l’accouchement, et puis, quand il était né, il n’avait pas pleuré du tout, mais il s’était mis à sourire. Et puis encore... Mais ce qu’il voulait seulement savoir et qui lui plaisait, c’est qu’il était né en plein air, dans un fossé, tout contre la terre, un matin d’automne que sa mère, revenant de Mantoue, gagnait la campagne avec son mari. Il était né comme les bêtes des champs. Selon la coutume des paysans de la région, on planta à sa naissance une bouture de peuplier, et il pouvait encore la voir. Car on ne manquait pas de lui dire que c’était cet arbre si grand, beaucoup plus grand que tous les autres, et pourtant, il a été planté bien après.

Il avait été élevé à la campagne, parmi les pacages et les vergers, jus-qu’à douze ans. Il avait vécu de la vie de tous les petits garçons de fermiers des environs, partageant leurs très anciens repas de châtaignes bouillies et de fromages, et chantant dans leurs rondes :

Mais il était déjà de santé médiocre, dans ce climat trop humide. Quand il était tout petit, sa mère le berçait en lui chantant des chansons anciennes :

Le

Ou bien, elle lui racontait de vieilles histoires, et il s’habitua ainsi à croire à demi aux fées et aux magiciens capricieux qui transforment les plantes. Cette terre gorgée et fraîche, les canards et les cygnes sauvages sur les mares et les ruisseaux, la douceur mouillée des courtes nuits d’été, les ruches qu’élevait son père dans les endroits frais et pleins de fieurs, tout cela l’avait entouré de songes merveilleux.

Sa mère l’avait élevé avec une affection alors assez rare. C’était une femme encore jeune, dévorée d’amour pour ses enfants. Il n’avait qu’à se souvenir, l’autre année, lorsque son petit frère était mort, des plaintes terribles de sa mère, se lamentant à voix haute, à la mode italienne. C’est d’elle, sans doute, qu’il tenait le meilleur de lui-même, une forme de piété très douce, la croyance aux forces de la terre, l’amour du pardon et de la pitié, l’amitié pour les bêtes. Les besognes familières, l’intimité avec les plantes, les chiens, les troupeaux, la parenté si visible et si continue pour des yeux de petit paysan entre la bête et l’homme, il ne devait pas oublier ces leçons. De sa mère sans doute, il tenait aussi cette délicatesse qui devait surprendre ses amis futurs, écoliers de Crémone, étudiants de Milan, et qui le fit surnommer « la fille ». Car il était un peu gauche, mais curieux de la vie des garçons et des bêtes, et se penchant avec prédilection sur chaque chose.

C’est ainsi que son amour du pays s’était formé. Car il ne devait pas souvent, en somme, après douze ans, habiter continuement la campagne. C’est pourquoi il fallait bien que ce fût à cet âge qu’il eût appris un certain nombre de choses, et spécialement à se sentir un paysan. Un peu plus précisément, lorsqu’il y pensait avec quelque attention, il retrouvait tous les renseignements lourds et passionnés qu’il tenait de son père, de ses camarades, des valets de ferme. C’était dans des conversations qu’il avait entendu les recettes vieilles et rusées pour arracher à la terre le plus d’or possible. Il savait sous quelle étoile il fallait ouvrir le sol et marier la vigne grimpante à l’ormeau, la manière de multiplier le bétail. Avant d’enfoncer le fer dans une glèbe inconnue, il savait qu’il faut étudier l’influence des vents, le climat, les procédés scientifiques, et encore plus les traditions locales. Car on ne séparait jamais le sol de ses démons. Il y avait encore dans ses souvenirs, reposés comme dans l’hiver poussiéreux, certains outils de son père, le corps de charrue en bois dur, des rouleaux ferrés, des traîneaux, des herses, des râteaux géants et puis les osiers, les claies à sécher le fromage, celles de roseau et celles d’arbousier, le van presque sacré. À la mode antique, il avait vu couper et puis durcir au feu le joug de tilleul et le manche de hêtre. Lorsqu’avec le rouleau, on aplanissait l’aire, il y mêlait la craie et l’argile pour empêcher l’herbe de pousser. Quand la charrue allait, il...



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