Bernhardt | Jolie Sosie | E-Book | www2.sack.de
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E-Book, Französisch, 130 Seiten

Bernhardt Jolie Sosie

Un roman méconnu écrit par la célèbre actrice Sarah Bernhardt
1. Auflage 2021
ISBN: 978-2-322-23252-9
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Un roman méconnu écrit par la célèbre actrice Sarah Bernhardt

E-Book, Französisch, 130 Seiten

ISBN: 978-2-322-23252-9
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



RÉSUMÉ : Dans "Jolie Sosie", Sarah Bernhardt nous plonge dans un récit fascinant qui explore les méandres de l'identité et du double. Ce roman, méconnu mais captivant, révèle la maîtrise narrative de l'une des figures les plus emblématiques du théâtre français. L'histoire se déroule dans le Paris de la Belle Époque, un cadre vibrant et riche en contrastes. Le protagoniste, une jeune femme à la beauté envoûtante, découvre qu'elle a une sosie parfaite. Cette découverte bouleverse sa vie, l'entraînant dans une quête d'identité où elle doit naviguer entre apparences trompeuses et vérités cachées. Bernhardt, avec son talent inégalé pour le drame et l'émotion, tisse une intrigue complexe où les thèmes de l'amour, de la jalousie et de la quête de soi sont habilement explorés. À travers une prose élégante et poétique, l'auteure nous invite à réfléchir sur la nature de l'individualité et la perception que nous avons de nous-mêmes. Ce roman, tout en étant un témoignage de l'époque, résonne avec des questions intemporelles sur l'essence de l'être humain et le désir de se comprendre. "Jolie Sosie" est une oeuvre qui, par sa profondeur et sa sensibilité, mérite d'être redécouverte par les lecteurs d'aujourd'hui. L'AUTEUR : Sarah Bernhardt, née en 1844 à Paris, est mondialement reconnue comme l'une des plus grandes actrices de théâtre de son temps. Surnommée "La Divine", elle a marqué l'histoire des arts dramatiques par son charisme et son talent exceptionnel. Bernhardt a débuté sa carrière au Théâtre Français avant de se produire sur les scènes les plus prestigieuses du monde entier, de Londres à New York. Outre son immense succès sur scène, elle a également été une pionnière dans le domaine du cinéma muet. En parallèle de sa carrière théâtrale, Bernhardt s'est lancée dans l'écriture, explorant divers genres littéraires, dont le roman. Bien que moins connue pour ses oeuvres écrites, elle a su imprimer sa sensibilité artistique dans ses textes. "Jolie Sosie" est un exemple de son talent littéraire, où elle mêle ses expériences personnelles et sa compréhension profonde de l'âme humaine. Bernhardt a également été une figure influente dans le monde de l'art, inspirant de nombreux artistes de son époque. Elle est décédée en 1923, laissant derrière elle un héritage artistique inestimable.

Née en 1844 à Paris, Sarah Bernhardt, surnommée « la voix d'or » par Victor Hugo, connaît une carrière exceptionnellement longue, commencée en 1862 et poursuivie jusqu'à la veille de sa mort en 1923. Au cours de cette période de soixante-et-un ans, elle crée soixante-dix rôles et joue cent vingt-cinq pièces dont quatorze contemporaines ainsi qu'au cinéma. Sarah Bernhardt fut un monstre sacré du théâtre et ce jusqu'à la fin de sa vie. Première « star » internationale, elle est la première comédienne à avoir fait des tournées triomphales sur les cinq continents. Sarah Bernhardt, qui avait suivi des cours de sculpture, réalisa quelques oeuvres, des bronzes que l'on peut voir dans des musées comme le musée des Beaux-Arts de Dijon ou le musée d'Orsay. Sarah Bernhardt a également publié quelques livres et pièces de théâtre.
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II


La mer fut clémente aux voyageuses et l’équinoxe d’automne qui se manifeste si souvent par de brutales agressions contre les navires conquérants de l’Océan ne se fit sentir que pendant quelques heures.

Le capitaine avait dit à madame Gordon-Hope :

– Demain samedi, nous entrerons en rade à neuf heures.

Mais dès cinq heures du matin, il y eut un tel brouhaha, que l’Américaine s’enquit du pourquoi de ce fracas inusité. Dominga accourut dès le premier coup de sonnette de sa maîtresse.

– Oh ! Madame, c’est si zoli de voir le bateau qui vient au devant de nous avec les médecins, les douaniers et sur l’avant le signor Gennaro qui agite son chapeau dans l’air ! Tout le monde est sur le pont.

– Il faudrait avertir ma fille.

– Oh ! Miss Elly est au bastingage depuis une heure. Elle fait danser son mouchoir comme ça.

Et la bruyante Italienne secouait en riant un des pans de la gaze qui enveloppait sa tête.

– Envoyez-moi Dinah.

– Tout de suite ?

– Évidemment !

– Ah ! bien, c’est qu’elle va rezimber, dit en sortant en coup de vent, comme elle était entrée, la gaie créature.

s’arrêta quelques minutes pour permettre au de l’aborder. Tout le monde grimpa lestement sur le paquebot et ce fut une joie générale mêlée de tendresse émue pour ceux qui tenaient embrassés les êtres chéris attendus depuis sept jours. Le secrétaire de madame Gordon-Hope fut un des premiers arrivés.

C’était un homme d’une trentaine d’années, très élégant, au visage grave, dans lequel un charme mystérieux, venait de deux grands yeux noirs ombrés par des cils touffus. Il salua profondément Elly et lui demanda des nouvelles de sa mère.

– Oh ! ma mère n’est pas encore levée. Attendez un instant. Je vais la prévenir de votre arrivée.

Elle revint bientôt rieuse.

– Ma mère sera prête dans un quart d’heure. Je lui ai envoyé Marion, car Dinah se refuse à faire un mouvement plus vite que l’autre, et comme je lui reprochais sa lenteur, elle m’a répondu : « Madame votre mère ne s’est jamais plainte de mon service, Mademoiselle, je n’ai donc pas à le modifier. » Qu’en dites-vous ?

Gennaro haussa légèrement les épaules.

– Ma mère m’a priée de vous faire attendre dans son petit salon. Suivez-moi.

Tous deux s’installèrent dans l’élégante pièce qui attenait à la cabine de la riche Américaine. Des fleurs partout ! Des étoffes précieuses sur les meubles ! Un piano sur lequel se trouvait le portrait de feu monsieur Gordon-Hope, ayant sa fille Elly, âgée de cinq ans sur ses genoux. Tout le luxe charmant et féminin d’un boudoir parisien. Seul, le doux balancement du bateau vous rappelait à la réalité.

Quand madame Gordon-Hope entra, une furtive rougeur éclaira le visage du jeune homme. Il baisa la main qu’elle lui tendait en souriant, mais son visage, sa contenance, l’émotion de sa voix trahissaient le grand plaisir qu’elle éprouvait à revoir Gennaro. Lui, la regardait de ses yeux aimantés. Un psychologue n’eût pu s’y tromper. Ces deux êtres s’aimaient et n’osaient pas se l’avouer à eux-mêmes. Tous deux se tenaient sur une réserve, ébréchée en ce moment par la joie de se retrouver. Elly, qui avait deviné cet amour depuis longtemps, rompit volontairement la légère contrainte qui les oppressait.

– Eh bien, Gennaro, dites-nous ce que vous avez fait pendant ce long mois.

Elle appuya gentiment sur ce mot « long » en jetant un regard tendre et malicieux vers sa mère.

– J’ai tout arrangé ; vos appartements sont retenus à Majestic Hôtel. J’ai choisi deux automobiles : une Rolls-Royce pour vous Madame qui aimez vous étendre et une très jolie Berliet pour vous Mademoiselle.

Deux serviteurs, arrêtés par Gennaro pour le service de ces dames et qu’il avait amenés de Paris, déchargèrent quarante malles américaines. Les colis indispensables, la boîte à beauté de madame Gordon-Hope, sa cantine à thé, la pharmacie, la boîte à jeux, un long étui, capitonné dedans et dehors contenant les cuvettes d’argent avec leurs brocs, le panier du petit chien d’Elly, les ombrelles, les couvertures, tout cela fut mis dans la voiture ouverte, au grand déplaisir de Frédéric, le second chauffeur arrêté par le secrétaire, afin d’assurer le service de ces dames.

Elly prit place près de sa mère, dans la Rolls-Royce. Dominga Torelli, la nourrice italienne, s’assit en face d’elles et Marion, demanda la permission de monter sur le siège de la voiture de madame Gordon-Hope, conduite par le chauffeur Paul Bourneuf.

La sèche femme de chambre de Madame, Dinah Foxwell, s’arrangea tant bien que mal dans l’auto découverte, ayant pour compagnons, Berthon, l’intendant, et Benoît, le nouveau maître d’hôtel.

Les voitures se mirent en route vers Paris, précédées par le signor Gennaro, qui conduisait lui-même une torpédo Delage, longue et fine.

– Il est surprenant, Gennaro, ne trouvez-vous pas, Elly ?

– Oui, il est amusant, répliqua la jeune fille.

Mais Dominga répliqua :

– Amusant, dites-vous, je le trouve, comme madame votre mère, surprenant, extraordinaire, irremplaçable.

Elly se mit à rire.

– Ne te fâche pas, nourrice, je pense comme toi. Je le trouve tout à fait étonnant.

Madame Gordon-Hope rêvait.

Les voitures roulaient vers Paris. Le silence s’était fait dans la Rolls.

Dans la Berliet, Benoît essaya vainement de converser avec Dinah Foxwell, qui lui répondit avec une si méchante humeur, que le malheureux s’excusa, mais comme il le fit en anglais, le visage de la Saxonne prit un aspect moins sévère, et sa voix s’adoucit. Elle parlait mal le français et ne faisait aucun effort pour l’apprendre, détestant avec âpreté, la France, les Français et leur langue.

Une déception douloureuse avait certainement terni le visage de cette femme qui, quoique jeune, – elle avait à peine trente ans, – réfrigérait, par la raideur de sa tenue, tous ceux qui l’approchaient.

Quant à Marion Larcher, elle avait pris place près de Paul Bourneuf, le chauffeur et parlait avec une enfantine exubérance.

Elle mit son compagnon au courant de tous les hôtes de la maison dans laquelle il venait d’entrer et voici ce qu’il entendit :

– Madame Gordon-Hope, fidèle à son veuvage, se laisse cependant courtiser par son secrétaire, Gennaro Apostoli qui est, je crois, sincèrement amoureux d’elle.

– Ah ! c’est le secrétaire, ce beau garçon qui tient le volant de la première voiture ? Eh bien, il est rudement chic. Quant à votre patronne, je la trouve si jolie, et l’air si jeune. Vous êtes sa femme de chambre ?

– Non, moi je suis la femme de chambre de mademoiselle Elly. Elle est si charmante, ma jeune maîtresse, vous savez, et bonne, et généreuse.

– Elle n’est pas si jolie que sa mère, s’exclama le chauffeur.

– Vous l’avez mal regardée.

Et Marion continua :

– La femme de chambre de madame Gordon-Hope, c’est Dinah Foxwell, une bûche humide, rien ne peut l’allumer. Elle est froide comme une pluie de novembre.

Le chauffeur se pencha vers elle.

– Et vous, réchauffante comme un soleil d’été.

Elle se mit à rire.

– Vous n’allez pas me faire la cour !

– Mais si, mais si.

– Oh ! non, moi je ne marche que pour le mariage.

– Eh bien, on verra si ça colle, fit-il joyeusement. Et la vieille à cheveux blancs, qui rit toujours ?

– C’est une Italienne, Dominga Torelli, qui fut la nourrice de mademoiselle Elly. Ce n’est pas une femme, c’est un dévouement. Ses cheveux blancs sont prématurés, elle n’a que quarante-six ans.

Un coup de sifflet arrêta les trois voitures, ainsi qu’il avait été convenu au départ.

– Je vais voir ce qu’il y a, dit Marion, en sautant légèrement du...



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